La prostitution contemporaine : étude d'une question sociale / Léo Taxil.
- Taxil, Léo, 1854-1907.
- Date:
- [1884]
Licence: Public Domain Mark
Credit: La prostitution contemporaine : étude d'une question sociale / Léo Taxil. Source: Wellcome Collection.
525/532 (page 503)
![Par quels moyens? — Le seul moyen, à mon avis (c'est le commissaire qui parle), c'est d'amener le bien-être dans les familles par le travail bien rémunéré. Quand lés familles auront le nécessaire et qu'elles n'auront plus faim, elles se moraliseront et leurs enfants ne se prostitueront plus. (Police.) GRENOBLE (Isère). Quelle est la périodicité des visites?-— Une fois par semaine, soit pour les femmes en n»i«isons fermées, soit pour les isolées. Quelles sont les formalités employées pour arrêter et pour inscrire les femmes? — ?.,orscra'<me femme est dénoncée soit par l'autorité militaire, soit par un civil, des rensei- gnements sont pris sur sa conduite, elle est amenée au bureau de police, s'il y a lieu, dans on local à ce destiné et visitée. Suivant le rapport du médecin inspecteur du dispensaire, elle est admise d'urgence à l'hôpital pour y être traitée aux frais de la ville, ou laissée libre, suivant le cas. Comment sont traitées les vénériennes à Thâpital? — Elles sont soumises à deux visites par semaine et sont traitées par les méJecins de l'hôpital. Y a-t-il un dispensaire gnatuitpour les vénériens — hommes?— Oui. Les hommes atteints de maladies vénériennes sont-ils exclus des secours donnés par les Sociétés de secours mutuels? — Oui. Peut-on diminuer la prostitution?— Oui. Par quels moyens? — Par une surveillance plus efficace des parents ; par une instruc- tion plus développée et ensuite par l'augmentation de la journée du travail des femmes, qui peut à peine suffire aux premiers besoins. La privation et le luxe sont les éléments qui poussent à la prostitution. Il n'y a à Grenoble que deux maisons de tolérance. Hospice de Grenoble. Grenoble, le 21 avril 1882. Monsieur le Mair*, Nous avens peu de renseignements à vous fournir sur les questions relatives à la pros- titution, et qui sont, d'ailleurs, plus spécialement du ressort de la police. social aetuel; plus le rapport entfe les salaires et les prix des choses nécessaires à. la vie augmente, plus i'eteod cette corruption, et, cependant, patrons, directeurs, employés sont en immense majorité, cléri- caux; toutes les malheureuses qu'ils débauchent doivent remplir lcnrs devoirs religieux; c'est la seconde condition pour obtenir du travail! Guérir cette plaie est donc chose impossibl- dans l'état actuel de l'industrie. Quant à préparer cette guérison, il n'y faut guère songer avec nos législateurs actuels, pas plus, d'ailleurs, qu'avec ceux que pré- pare l'indignation légitime, mais ignorante du prolétariat. Il y a à adopter une marche ascendante dont la bourgeoisie sera toujours effrayée et que certains energimènes trouveront toujours inellicace. Entre lej deux groupes, il y a d'ailleurs si peu de socialistes éclairés, dévoués, prêts à tous les sacrifices, à ton» les combats! Mais la commune libre, antonome, pourrait, en rapport avec la forme particulière de son industrie lo:ale, modifier profondément, et en pen de temps (relativement du moins], cette lamentable situation : on pourrait alors : Rendre professionnelle l'éducation populaire, depuis la salle d'asile jusqu'à l'enseignement industrie) supérieur, en pissant par l'école primaire et l'école d'apprentissage; l'enseignement professionnel devenant., dès lors, obligatoire. Rendre l'impôt communal, avec base appropriée anx tendances locales. (Ici l'impôt devrait frapper le capital progre-sivtment.) Constituer fortement les syndicats ouvriers et les lancer dans l'industrie collective. Fonder des banques de travail sons la double forme banque-argent et banque-matière Sans cette transformation dé l'industrialisme actuel, je ne vois pas trop le moyen d'augmenter le* salaires, et, par conséquent, de donner le bien-être aux familles, naïvement reclamé par la police. Qu'on ajoute à cela la dissémination des ateliers par un système teléJyoamique quelconque, amenant le travail en famille, et il est certain qne la prostitution sera bien diminuée. La suppression graduelle de l'enseigne- ment religieux, nne éducation forte et saine, supprimant l'état actuel d'hystérie progressive, complète:» la réformé. ' . Tout cela sera bien long, mais tont s'enchaîne dans le mal social dont nous souffrons : l'essentiel, c'est que les hommes de bonne volonté s'associent et se mettent résolument à l'œuvre. Roubsix, 16 mars 188à. Emile Moreae.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20442403_0525.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)