Lettre a M. le président du conseil ... : touchant les expériences qu'il est urgent de faire pour s'assurer si le choléra-morbus est contagieux, / par N. Chervin.
- Chervin, Nicholas, 1783-1843.
- Date:
- [1831]
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Credit: Lettre a M. le président du conseil ... : touchant les expériences qu'il est urgent de faire pour s'assurer si le choléra-morbus est contagieux, / par N. Chervin. Source: Wellcome Collection.
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![point de semblables mesures peuvent mettre à l’abri de cet irré-^ sistible fléau ? Jusqu’ici l’expérience paraît déposer contre l’ef- Hcacité qu’on leur attribue. Dans un pareil état de choses que faut-il faii’e ? Clierclier à s’as¬ surer par tous les moyens possibles, si l’on est dans la bonne voie? si le svstème que l’on suit est fondé ; en un mot si le clioléra- morbus est une maladie contagieuse ou transmissible dont on [)uisse se préserver par des cordons sanitaires , des quarantaines <it des lazarets, ou s’il n’est que le produit d’une constitution é])i- démique. Cette haute question, une fois décidée, on aura au moins fait un pas vers la prophylactique de cette nouvelle calamité. Les travaux des nombreux médecins français et étrangers qui se trouvent actuellement sur le tliéatre de l’épidémie répandront sans doute des lumières sur le grand problème de la contagion ou de la non contagion du clioléra-morbus ; mais il est à craindre qu’ils ne le fassent point résoudre, du moins de long-temps. 11 faut donc recourir .à un moyen plus prompt et plus sûr d’arriver à la solution définitive de cette question vitale , et ce moyen consiste à faire faire des expériences directes, hors de l’influence épidémique et sur une grande échelle. De cette manière, on arrivera promptement à des résultats nets et certains , que l’on ne saurait obtenir dans les lieux où règne la maladie. A^ous sentirez, monsieur le ministre, l’importance de la pro¬ position que j’ai rhonneur de vous faire, et vous lui accorderez, j’en suis persuadé, toute l’attention qu’elle mérite. Pour que les expériences dont il s’agit soient concluantes, il faut qu’elles soient faites loin des contrées qui sont en proie au cho- léra-morbus; qu’elles soient faites sur une éclielle fort étendue et dans des circonstances variées, et qu’elles soient attestées par des témoins dignes de foi et dégagés de toutes préventions. L’extrémité nord-ouest de la France présente sans doute des localités où l’on pourrait, en prenant les précautions convena¬ bles, se livrer a tontes ces expériences sans compromettre en au¬ cune manière la santé publique. On v procéderait absolument comme dans un lazaret contenant la maladie la plus contagieuse fju’il existe. On se procurerait facilement sur divers points du littoral de la](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b31976700_0004.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)