Volume 1
La physique des arbres; où il est traité de l'anatomie des plantes, et de l'économie végétale: pour servir d'introduction au Traité complet des bois et des forests. Avec une dissertation sur l'utilité des méthodes de botanique ... / Par M. Duhamel du Monceau.
- Duhamel du Monceau, M., 1700-1782.
- Date:
- 1758
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Credit: La physique des arbres; où il est traité de l'anatomie des plantes, et de l'économie végétale: pour servir d'introduction au Traité complet des bois et des forests. Avec une dissertation sur l'utilité des méthodes de botanique ... / Par M. Duhamel du Monceau. Source: Wellcome Collection.
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![xx xv il] Disserta t i on. généralement adoptées. Cependant ces différentes dénominations ne font pas auffi embarraffantes qu'elles le paroilTent : qu’un Botanifle em¬ ploie celles de Tournefort, ou celles de Boerrhaave, ou celles de M. Linnæus , il fera toujours entendu des autres Botanifles. Une autre fource des différentes dénominations qu’on a données aux plantes, efl l'incertitude où l’on eft de diflinguer celles qu’on doit re¬ garder comme de f mples variétés , d’avec celles qui méritent le nom d’efpece : il faut faire connoître d’où procédé cette incertitude. Les Botanifles prennent le terme d'efpece dans une autre lignification qu’on ne le prend ordinairement. Une petite différence dans la couleur d’une fleur d’Oreille-d’ours ou deTulipe,fuffit pour qu’un Fleurifle s’applaudilfe de polféder une nouvelle efpece de Tulipe ou d'Oreille-d’ours ; mais les Botanifles regardent ces prétendues efpeces comme des variétés : ils exigent , pour attribuer à une plante le titre d\Jpece , qu’elle puiffe fe perpétuer telle qu’elle efl par les femences ; je m’explique. 11 y a plufieurs maniérés de multiplier les arbres : ce fera , tantôt par marcottes , tantôt par boutures , quelquefois par la greffe , enfin par les femences , qui efl la façon la plus naturelle. Comme par les marcot¬ tes , les boutures & les greffes, on fait végéter la branche d’un arbre ; dans le cas des marcottes & des boutures , en engageant cette branche à produire des racines, & loriqu’on fait des greffes, en uniffant une branche à un arbre qui efl déjà pourvu de racines, qui fourniffent la nourriture à la greffe ; dans tous ces cas il ne peut arriver aucun changement aux efpeces; la branche qui a produit de nouvelles racines , ainfi que celle qui s’eft unie à un tronc étranger , végété comme fi elle étoit fur fon propre tronc. 11 n’en efl pas de même des plantes qu’on multiplie par les femences : certains arbres n’éprouvent aucun changement. Si, par exemple, on feme des Gainiers , on aura des arbres tout-à-fait fembîa- bles à celui qui aura fourni la femence ; mais il n’en fera pas ainfi des pépins de poires 8c de pommes , non plus que des noyaux de pêches 8c de prunes : la plupart donnent des fruits différents de ceux qui ont fourni les femences. Suivant la réglé allez généralement reçue, on concluroit de ces faits , que le Gainier efl une efpece, 8c que toutes les différentes fortes de Pêchers 8c de Pruniers ne font que d-es variétés ; néanmoins fi l’on remonte à la fource de ces différences , on apperçoit qu’elles dépendent prefque toujours de ce que le fruit d’un arbre ayant été fé¬ condé par les pouflieres d’un autre arbre , le noyau produit un arbre métif : or comme il n’y a que peu d’efpeces de Gainier dans nos jardins ? l’efpece commune doit fe conferver ; au lieu que comme il fe trouve à nos efpaliers 8c dans nos vergers beaucoup de différentes efpeces , ou fi ï on veut de variétés , de Pêchers 8c de Pruniers , il en doit réfuîter des mélanges qui fe manifefleront dans leur poflérité. Mais de ce qu’une](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30530556_0001_0048.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)