Physiologie du goût, ou méditations de gastronomie transcendante ... / par un professeur [A. Brillat-Savarin].
- Brillat-Savarin, 1755-1826
- Date:
- 1844 [i.e. 1845]
Licence: Public Domain Mark
Credit: Physiologie du goût, ou méditations de gastronomie transcendante ... / par un professeur [A. Brillat-Savarin]. Source: Wellcome Collection.
14/490 (page 6)
![(idnitioii Pt de la prudence. Maire de lîelley vers la fin de 1703 , il résistait avec courage à l’anarciiic, et retardait pour son pay.s natal rétablissement du régime affreux de la terreur, lorsque, vaincu [)ar le mouvement ré>olutioimairc, il se vit contraint de fuir et de chercher en Suisse un asile contre' la rage de ses persécuteurs. Kien ne peint mieux ces jours fu- nestes (|ue la nécessité où se trouvait un homme, (|ui n’eut jamais d’ennemi personnel,d’abandonner .son pays pour con- server une vie tout entière con.sacrée à le servir. C’est ici (jue riieurcux caractère de brillat-Savarin paraît dans tout son j(»ur : pro.scrit, fugitif, dénué de ressources pé- cuniaires, car il avait eu le temps h peine de dérober sa per- sonne au danger, on le voit, (instamment gai, consoler .ses compagnons d’infortune, leur donner l’exemple du ('ouragn; dans l’adversité, en alh'ger le poids parle travail et l’exercice d’une honnête industrie. Cependant les temps devenant plus orageux et sa situation plus pénible, il ebereba dans le Nou- veau-Monde un repos que lui refu.sait l’Europe : il s'embaniua pour les États-Unis, .se üxa ù New-York , y passa deux aniu'cs donnant des leçons de langue française, occupant une des premières places à l’orchestre du tluVitrc, car il était musi- cien distingué, et, comme l)eaucoup d'autres émigrés, cher- chant l’utile dans ce qui n’avait été pour lui jus(]ue là (|u’une distraction agréable, briliat-Savarin a toujiuirs reporté ses souvenirs avec complaisance sur ce temps de sa vie , trop court à son gré, pendant lequel il jouissait, dans toute leur pléni- tude, des cluKses les plus né'ce.ssaires au bonheur , de la paix , de la liberté, de l'aisance accpiise par le travail, et où, comme le sage, il pouvait dire : « Je porte tout avec moi. » L’amour de la patrie pouvait seul le faire renoncer à une exi.stence aussi agréable. Des jours plus sereins .semblèrent luire sur la Fraïu'c; il .se hâta d’y revenir, et débanpia au Hàvre dans les premiers jours de vendémiaire an v (septembre IT'.lO). Durant le règne du Directoire, Drillat-Savarin fut successi\ement em- ployé comme secrétaire de l'état-major général des armées de la républiipic en,Allemagnc, puis en cpialité de commissaire du gouvernement près le tribunal du département de ÿcinc- et-Oise, à Ver.sailb's ; il occupait ce dernier emploi à l’cpocpie du 18 brumaire, journée famcu.'C dans la(iuclle la France crut acheter le repos au prix de sa liberté. Uappclé par le choix du .sénat à la cour de cassation, brillat- Savarin a passé les vingt-cinq dcrnièics années de sa vie dans ce poste honorable, environné du respect de s(;s inférii'urs, de l'amitii' de scs égaux, de l'affcctiou dctouscciix ipii ava'cnt](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29299305_0014.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)