Nouvelles recherches sur l'intoxication spéciale que détermine le sulfure de carbone : l'industrie de caoutchouc soufflé / par A. Delpech.
- Delpech, A. (Auguste), 1818-1880.
- Date:
- 1863
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Credit: Nouvelles recherches sur l'intoxication spéciale que détermine le sulfure de carbone : l'industrie de caoutchouc soufflé / par A. Delpech. Source: Wellcome Collection.
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![Depuis cinq ans, il fabrique par insufflation les ballons et les condoms par l'action du trempage dans le mélange de sulfure de carbone et de chlorure de soufre. Dans l'origine, il travaillait chaque jour pendant un temps très long (dix à douze heures) dans une très petite pièce fortement chauffée. A celte époque, les procé- dés les plus avantageux de fabrication n'étaient pas bien arrêtés, et l'on employait inutilement des masses bien plus considérables de sulfure et de chlorure. Au bout de quelque temps, M. A fut atteint d'une vive surexcitation des organes génitaux ; les érections étaient constantes, fatigantes. Il ne fit cependant aucun excès, mais rapidement cette excitation fit place à une anaphrodisie très prononcée. Les autres accidents prirent, dans une certaine mesure, la forme de cette exci- tation originelle. L'esprit du malade était occupé de craintes continuelles, de préoccupations de nature triste. Il lui semblait qu'il oubliait tout ce qu'il avait à faire, que tout son travail devenait inutile. Sa pensée s'engageait dans des rêvasseries sans fin. Son appétit était exagéré ; toutefois, ses digestions étaient diffi- ciles, irrégulières, sans qu'il ait jamais eu de coliques, de vomisse- ments, de constipation ni de diarrhée. Plus tard, tous ces phénomènes firent place à des symptômes de dépression. Il se sentait, dit-il, comme hébété. Sa mémoire s'était profondé- ment altérée; il était obligé de faire les plus grands efforts pour se rappeler les choses les plus importantes. Cependant son esprit, moins excité, avait gardé une mobilité extrême; il avait un véritable besoin de discussion, et, par suite, il se livrait à des accès d'impa- tience ou même d'emportement et de violence extrême. Celle vio- lence était d'ailleurs tout à fait superficielle, et, comme chez les autres malades, elle cachait un manque absolu d'énergie et une grande mol- lesse de caractère. Ces accès de colère étaient suivis d'un tremblement très vif, qui ne se prolongeait point dans les intervalles. Ce sont là les caractères particuliers que la marche de la maladie a présentés chez M. A ]| a d'ailleurs éprouvé la série des accidents constants déjà signalés. Toutes les fois qu'il travaille, même maintenant où il ne travaille que quelques heures, il est atteint de céphalalgie, quelquefois très intense; il a en général peu de vertiges; jamais il n'a ressenti de troubles de l'ouïe ou de !a vue. Après le travail, ses doigts restent quelque temps froids, roides et peu sensibles. Il semble, dit-il, que le sang se soit retiré; autrefois la roideur était grande et constante. Ses jambes sont affaiblies et roides; il était leste autrefois, il est lourd maintenant et marche avec quelque difficulté. La jambe](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22285799_0122.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)