Volume 4
Traité de médecine / publié sous la direction de Mm. Charcot, Bouchard [et] Brissaud; par Mm. Babinski [and others].
- Charcot, J. M. (Jean Martin), 1825-1893.
- Date:
- 1891-1894
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Credit: Traité de médecine / publié sous la direction de Mm. Charcot, Bouchard [et] Brissaud; par Mm. Babinski [and others]. Source: Wellcome Collection.
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![progressif se montrent tTabord ; et bientôt apparaissent une sensation de soif impérieuse, une céphalalgie frontale très pénible, et un refroidissement accentué des extrémités coïncidant avec des sueurs des mains et du visage. Puis la syncope arrive, brusquement, et le malade s’affaisse tout à fait : le cœur ne bat plus qu’à de longs intervalles, le pouls est presque insensible, et la res- piration est presque suspendue. Cet état syncopal vrai, résultat de la spoliation sanguine, est tout différent de la syncope émotive dont j’ai parlé plus haut, et sa signification est autrement importante. Lorsque le malade est couché hori- zontalement, et la tête basse ou pendante, il revient d’ordinaire assez rapide- ment à lui; mais lorsque l’écoulement sanguin, qui s’est généralement arrêté plus ou moins complètement au moment où la syncope s’est produite, reparaît en même temps que les contractions cardia(pies et les mouvements respira- toires reprennent leur force, la situation doit être considérée comme très grave. Le danger est dès lors imminent ; et si, même avant d’avoir causé la mort immé- diate, l’hémorrhagie s’arrête après deux, trois attaques syncopales ou plus, le malade n’en sera pas moins exposé encore à succomber au bout de vingt- cpiatre à soixante-douze heures de défaillance progressive. Je m’abstiendrai de décrire ici l’évolution clinicpie des périodes terminales de ces épistaxis fatales : elles ne diffèrent en rien de celles des autres hémorrhagies mortelles. J’en dirai autant de celle de l’amélioration j)rogressive qui ramène le malade à la santé, lorsque la mort n’a fait que le menacer, de plus ou moins près, sans l’atteindre. D’ailleurs les é|)istaxis mortelles sont heureusement très rares, si l'on réserve cette qualification à celles (jui tuent, d’emblée, un sujet jusque-là à peu ])i'ès bien portant, comme le ferait l’hémorrhagie résultant d’une large blessure d’un vaisseau de fort calibre. Mais, si l’on appelle de même épistaxis mortelles celles qui, sans être forcé- ment d’une abondance excessive, doivent leur extrême et croissante gravité à leurs répétitions survenant à courts intervalles, il n’en est plus de même. Les faits de ce genre sont loin d’être exceptionnels; très peu de praticiens arri- vent au terme de leur carrière sans avoir été à même d’observer quelques sujets dont la vie a été sérieusement menacée par de semblables accidents, et qui n’ont dû leur salut qu’à des interventions hâtives, immédiates, par le tam- ponnement, suivis de mesures thérapeuti(jues consécutives, locales ou géné- rales, grâce auxquelles on a fini par enqiêcher les récidives lorsque celles-ci n’ont pas disparu spontanément. Lors(pie celles-ci résistent à tous les moyens thérapeutiques et se multiplient, la situation du malade ne laisse pas d’être souvent critique (quehpies précautions qu’il prenne pour être certain d’être tanq)onné sans retard dès le début des hémorrhagies) si celles-ci débutent brusquement et à des heures irrégulières, surtout la nuit, et sont le plus sou- vent profuses dès leur début. Ces spoliations sanguines répétées ont alors pour conséquence une anémie progressive d’où résulte un affaiblissement de plus en plus marqué, s’accompagnant bientôt de bourdonnements d’oreilles, de vertiges et d’une céphalalgie extrêmement pénible. Si l’hydrémie s’accentue davantage, la cachexie séreuse s’établit, et le malade succombe après avoir traversé ime période terminale de durée variable, et dont je n’ai pas ici à décrire l’évolution, qui ne diffère en rien de celle qu’on observe à la suite des autres hémorrhagies à répétition, les métrorriaagies, par exemple.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24906049_0004_0024.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)