Volume 4
Traité de médecine / publié sous la direction de Mm. Charcot, Bouchard [et] Brissaud; par Mm. Babinski [and others].
- Charcot, J. M. (Jean Martin), 1825-1893.
- Date:
- 1891-1894
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Credit: Traité de médecine / publié sous la direction de Mm. Charcot, Bouchard [et] Brissaud; par Mm. Babinski [and others]. Source: Wellcome Collection.
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![compliqué de pneumothorax, beaucoup d’auteurs et M. Galliard entre autres, pensent qu’il faut lui attribuer les cas àc pneumothorax simple « accidentel ». Des 57 observations rapportées par ]\I. Galliard, 5 seulement ont été suivies d’autopsie. Dans 1 de Ranking(‘), il s’agissait d’un jeune homme de dix- sept ans qui avait été pris subitement à l’église d’une violente douleur du coté gauche et d’une dyspnée poussée jusqu’à la suffocation : on constata tous les signes d’un pneumothorax sans liquide qui guérit en deux mois; trois mois après le malade mourait subitement de la rupture d’un anévrysme disséquant de l’aorte; à l’autopsie on ne trouva ni tubercules ni pleurésie, mais seulement quelques vésicules emphysémateuses communiquant les unes avec les autres. Dans les 2 autres (Slokes, Widal) on trouva quelques vésicules emphysé- mateuses. Les lésions d’emphysème sont toujours ici discrètes et différentes de celles des grands emphysémateux. Ge pneumothorax simple accidentel survient, soit à la suite d’un effort, soit dans un accès de rire, soit simplement au cours d’une conversation, ou môme sans cause et au milieu du sommeil. La pression nécessaire pour rompre les alvéoles pulmonaires sains est bien supérieure à celle que produi- sent les efforts et surtout les mouvements respiratoires normaux; la constric- tion même du thorax dans un écrasement amène ordinairement le pneumo- thorax, non par déchirure des vésicules pulmonaires, mais par arrachement d’une bronche d'un certain volume. Il est donc indispensable d’admettre dans tous les cas de pneumothorax accidentel l’existence préalable d’une lésion pulmonaire, qui ne peut être qu’un tubercule ramolli ou l’emphysème. Or l'emphysème des enfants et celui des hommes au-dessus de cinquante ans ii’est que très exceptionnellement compliqué de pneumothorax; aussi M. Galliard admet-il que chez l’adulte seul la plèvre est suffisamment adhérente au pou- mon pour qu’elle soit déchirée en môme temps que la vésicule emphyséma- teuse et que le pneumothorax puisse se produire. Chez l'enfant et les vieux em[)hysémateux, le tissu cellulaire sous-pleural est trop lâche, l'adhérence de la plèvre insuffisante, partant sa rupture prescjue impossible. Quant au tubercule sous-pleural il doit être, dans un certain nombre de cas difficile à déterminer, la cause de cette variété de pneumothorax. Nous savons, (Ml effet, (ju’il suffit d’un seul tuliercule pour produire un pneumothorax. West eu a encore rapporté récemment un cas à la Société clinique de Londres; nous savons que le pneumothorax simple tuberculeux est susceptible de guérir; nous savons enfin (jue la luberculose est curalde, et que le pneumothorax est dans certains cas un agent de la guérison; il n'est pas invraisemblable, par conséquent, que le pneumothorax tuliercuhmx survienne en pleine santé et paraisse accidentel, qu’il soit bénin, et (ju’il ne soit pas suivi de tuberculose pulmonaire. Quoi qu’il en soit,ce jineumothorax dit accidentel est un accident assez rare. On l’a observé sur 52 cas où l’àge est spécifié chez 9 sujets de trente-cinq et cinquante-six ans, mais dans tous les autres cas chez des individus de seize à trente-cimj ans et M. Galliard propose de l’appeler « pneumothorax des conscrits ». (') Bril. met!. Jour., tXGO.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24906049_0004_1113.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)