Volume 1
La physique des arbres; où il est traité de l'anatomie des plantes, et de l'économie végétale: pour servir d'introduction au Traité complet des bois et des forests. Avec une dissertation sur l'utilité des méthodes de botanique; & une explication des termes propres à cette science, & qui sont en usage pour l'exploitation des bois & des forêts / par M. Duhamel du Monceau ; ouvrage enrichi de figures en taille-douce.
- Duhamel du Monceau, M., 1700-1782.
- Date:
- 1788
Licence: Public Domain Mark
Credit: La physique des arbres; où il est traité de l'anatomie des plantes, et de l'économie végétale: pour servir d'introduction au Traité complet des bois et des forests. Avec une dissertation sur l'utilité des méthodes de botanique; & une explication des termes propres à cette science, & qui sont en usage pour l'exploitation des bois & des forêts / par M. Duhamel du Monceau ; ouvrage enrichi de figures en taille-douce. Source: Wellcome Collection.
48/446
![n’eft pas la enrichir la Science, c’efl l’embrouiller : les autres , pour e'viter ce défaut, ont regardé comme des variétés plufieurs fortes de plantes qui paroilfent autant mériter le nom d’efpece, que bien d’autres auxquelles ils ont jugé à propos de le conferver. Je l’ai dé]a dit : je crois qu’il y a plufieurs variétés dans les plantes que j’ai données pour efpeces dans mon Traité des Arbres & Arbuftes ; mais j’ai jugé qu’il convenoit de les faire connoître, par la raifbn quelles pouvoient être agréables ou utiles. Au refte , cette difculfion ne tombe point fur une chofe bien importante , puifqu’on ne trouve pas cette incertitude dans les genres bien établisj^ une poignée de graine d’Orme donnera toujours conf* tarament des Ormes ; les uns auront leurs feuilles plus grandes , plus dentelées , plus rudes au toucher que d’autres ; mais ce feront toujours des Ormes : j’en dis autant des Chênes , des Châtaigners , des Noyers , des Mûriers, &c. * Néanmoins cette incertitude , entre ce qui doit être regardé comme ef» pece & ce qui doit être traité de fimple variété , a occallonné des différen- ces dans la façon d'appliquer les méthodes ^ & on les a exagérées pour les préfenter comme des preuves du peu de cas qu’on devoir faire des fyftêmes de Botanique ; mais, après les avoir bien examinées , elles me paroiffent porter fur des chofes indifférentes. Pour le faire connoître, je prie qu’on fe rappelle que M. Linnasus n’a fait qu’un feiil genre des Pruniers, des Abrico- tiers & des Cerifiers, qui comprend plufieurs efpeces de Pains & de Mahaleb» Après ces réunions, le genre des Pruniers auroit été trop nombreux , fi cet Auteur n’avoit pas regardé quantité de ces différens arbres comme des variétés & dans ce cas, il auroit été obligé de partager le genre des Pru- niers en différentes bandes, en les diftinguant, fi l’on veut, en Pruniers à grappe , à fleurs en bouquet, à fleurs folitaires , ou dont les queues font fimples, ou telle autre diftindion qu’il auroit jugé convenable d’employer; fans quoi , pour pouvoir diftiguer les efpeces , on auroit été obligé de faire des phrafes fort longues. Il me femble que cela revient à - peu - près au même , que de faire , comme Tournefort, autant de genres qu’on auroit fait de bandes, en indiquant qu’il y a beaucoup de reflemblance entre tel ou tel genre , & qu’on ne peut les diflinguer que par de petites circonftances étrangères aux parties de la frudification. C’efl: à - peu - près comme fi Tournefort avoir dit : Je penfe que les Pruniers , les Abricotiers , les Cerifiers ne font qu’un genre ; mais je les préféré de les féparer, pour ne point raffem- hier trop d’efpeces dans un même genre , & pour n’étre point obligé de changer les dénominations reçues ; & c’eft ce qui paroiflbit à Tournefort très-avantageux. Quoique j’incline pour ce parti qui m’a déterminé k çonferver dans les deux premiers Volumes les noms reçus , je m’abfliendrai de blâmer , k cet égard , la conduite oppofée qu’a tenu M. Linnæus , parce qu’au moyen](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28773159_0001_0048.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)