Volume 3
Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud.
- Date:
- 1891-1894
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Credit: Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud. Source: Wellcome Collection.
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![eur LeinL devient pâle el. terreux, plutôt encore que jaune paille; leur anémie devient telle, que le chillVe des hématies peut tomber à GOOOOO, tandis (jue les leucocytes augmentent de nombre. Des œdèmes cachectiques se montrent, des infections secondaires peuvent provoquer une phlegmasie, enfin la iiiort sur- vient dans le marasme, avec ou sans les symptômes encéphali([ues terminaux de l'urémie hépatique décrite par Debove. Tout cet ensemble de symptômes fonctionnels et gén(h'aux [)cut s'oJjserver aussi bien dans le cancer massif que dans le cancer nodulaire primilif <!u foie. j\Iais ces deux variétés diffèrent, par les caractères olqectifs du foie, aussi liien que par une série de phénomènes réactionnels el évolutifs. Dans le cancer rnasîiif, le ventre devient très rapidement saillant dans la région de l'hypochondre droit et de l'ombilic. A la palpalion, on constate (jui; le foie est gros, induré, et à surface lisse ; ce sont là ses trois grands caractères. L'hypertrophie porte en général sur le lobe droit surtout; elle est assez régu- lière, et abaisse le bord Irancliant jusqu'au niveau, ou même au-dessous de l'ombilic, tandis que le bord supérieur remonte peu ou point. Jusqu'à la fin, foie ne cesse d'augmenter de volume, tout en restant parfaitement lisse, el d'une dureté presque ligneuse. (lomme symptômes négatifs très importants, notons l'a])sence d'il 1ère, île iuméfaction splénique, d'albuminurie, et, le plus souvent, d'ascile et de réseau veineux collatéral. Ouant à la douleur, elle manque fié'quemment, on, si elle existe, peut se montrer dans les régions du foie ou de l'épaule di'oile, )nais toujours assez peu intense, et hoi s de proportion avec l'énorme lésion h<'-pat iquc. La marche de la température est assez varialjle ; la fièvre, quand ell'- existe, est vespérale, et oscille entre 18 et r)!l'',5; mais très souvent elle l'ait défaut, et l'amoindrissement des combustions organiques peut même provoquer une véritable hypothermie. La symptomatologie du cancer ■pruuilif nodulaire est plus complexe. Tout d'abord, les caractères physiques du foie sont tout autres : ici pas d'hypertrophie lisse et régulière, mais un organe inégal, bosseh' de saillies niarronnées ou cupuliibrmes et comme ombiliquées à leur centre. Tantôt ces nodosités cancéreuses sont disséminées comme au hasard à la sui-facc île l'organe, tantôt elles semblent confluenles, agminées en pla(]ues irrégulières, formant comme une seule tumeur mamelonnée. Ces masses cancéreuses subissent un accroissement si rapide, que d'un jour à l'autre, pour ainsi dire, on les sent augmenter de volume. T/est dans ces formes à évolution aiguë, qu'on peut voir une fièvre continue et intense accompagner la germination cancéreuse ; dans les cas moins rapides, la fièvre ne se montre que par intervalles, sous formes d'accès vespéraux iri éguliers. Par leur présence, ou leur action de compression, les nodules cancéreux l)euvent déterminer une série de symptômes ({ue nous avons vue faire défaut dans le cancer massif. Au premier rang, il faut i>lacer la douleur; elle existe presque constamment, occupe tout l'hypochondre droit, et peut s'irradier jusque dans l'épaule du même côté. C'est une douleur sourde, profonde, ou, au contraire, paroxystique et superficielle. Les mouvements du tronc, la pression, l'exaspèrent; la respi-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20415989_003_0975.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)