Volume 1
Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud.
- Date:
- 1891-1894
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Credit: Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud. Source: Wellcome Collection.
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![jouissent d'une immunité à peu près complète, qu'ils doivent tant à leur type anthropolo{j;i<|ue (ju'à leur séjour dans les colonies où la fièvre jaune règne à l'c-tat endémy^pie. Cependant, dans les épidémies graves, on constate quelques décès parmi lès représentants de la race noire, cela indique une grande viru- lence de l'agent pathogène. La race rouge ou américaine payerait un aussi large trib à la maladie que la race caucasiipie. Une première atteinte confère généralement l'immunité, surlout si le sujet ne quitte pas le pays à endémicité amarile ; mais un séjour prolongé dans les contrées tempérées et salubres et même dans d'autres colonies indemnes de fièvre jaune, fait perdre progressivement le l)én<'fice de l'inimuniU'-. L'exposition au soleil, l'exposition au feu (forgerons, cuisiniers, cliauffeurs), les excès, les fatigues, et en général tout ce (pii peut surmener l'organisme, |ilace l'individu en état de réceptivité raoïitide et f'tvorise l'c^xplosion de la maladie. Le moment est venu d(^ parler de la fièvre dite intlammaloire, (jui a été mise en l'clief par Bérenger-Féraud, et qui, d'après cet auteur, ne serait qu'une forme alténu(''e de la fièvre jaune. C'est une sorte d'embarras gastrique fébrile ([ui dure plusieurs jours et (|ui frappe la j)lupart des émigranis eui'opi'cns. Est-ce une première atteinte du paludisme? Est-ce un cml)arras gastrique caus('' non pas par l'acclimatement (car il est certaines conlrc'es où l'Européen ne s'acclimate jamais), mais par la chaleur ambiante (Corre)? ]î!sl-ce Itien une fébricule ictérode? Il est difficile de se prononcer; et cette (pieslion ne poui'i'a être définitivement tranchée que lorsque l'agent pathogène t\o la fièvre jaune sera bii^n connu. Si l'on juge par comparaison avec daulr(\s maladies iid'ec- tieuses, telles que variole, choléi-i, etc., on est tenté de rejeter l'iiypotlièse d'un virus atténué ; car, dans les (épidémies les plus ix-nii^nc^s de variole (Ui de elioléra, il y a toujours une certaine mortalité, (juelque i'ail)le soit-elle. Or, dans la fièvre iullammatoire, la mortal!!(' est nulle. Une deuxième objection contre l'hypothèse d'un virus atténué est c(>tte remaiMpK^ ipi'on a l'aile parloul : c'est qu'une première atteinte de fièvre iullammatoire ne prc'serye pas de l;i fièvre jaune. Enfin, dans nos colonies tropicales. al)Solumenl indemnes de fièvr;* jaune, on ol)serve un embarras gastrique dit d'acclimatemenl. identique à la fièvr(^ bilieuse inflammatoire, mais sans touteJ'ois revêtir des allures éqiidi'- miques, comme dans nos colonies des Antilles et de la Guyane. Diagnostic. — La fièvre récurrente peut être confondue avec la fièvre jaune ; mais, dans la fièvre récurrente, l'ictère apparaît plus i-apidement, les hémorrhagies sont moins fréquentes; il n'y a pas, haliituellement. de vomis- sement, et l'urine contient rarement de l'albumine. Les rechutes et la pré- sence de spirilles dans le sang forment les deux caraclères typiques de cette maladie. L'ictère grave rtqiroduit tfdiement bien les symptômes du (yjiluis amaiil, qu'on l'a appelé fièvre jaune sporadique; mais, dans cette afl'ection, l'ictère est le premier synq~)tôme, et cet ictère est d'emblée intense, ce (pi on n't)bserve jamais dans la fièvre jaune. La fièvre typho-malarienne pourrait à la rigueur être confondue avec la fièvre jaune; cependant, la tuméfaction de la rate, la marche de la température, la](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20415989_001_0955.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)