Volume 4
Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud.
- Date:
- 1891-1894
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Credit: Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud. Source: Wellcome Collection.
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![B. De l'épistaxis dans les affections nasales. — Le coryza aigu vulgaire compte parfois l'épistaxis au nombre des symptômes de son début. Quelquefois aussi cette hémorrhagic nasale, résultat d'une violente hyperhémie active réflexe causée par un refroidissement général ou partiel, se substitue à un coryza menaçant dont elle entrave le développement. On conçoit dès lors que l'épistaxis du coryza au début soit généralement peu intense lorsqu'elle se pré- sente à l'observation : si elle eût été plus abondante, le coryza eût manqué. Lorsque le saignement de nez se montre dans le cours de l'affection, c'est géné- ralement pendant la période d'acmé qu'il survient, et il est d'ordinaire suivi d'un soulagement marqué. Mais c'est en somme un symptôme rare du catarrhe nasal ; bien qu'en tenant compte de la dilatation prolongée des capillaires et de l'activité de la diapédèse, on s'explique difficilement ce manque de fré- quence au milieu de conditions si favora]:)les. En l'éalité l'épistaxis, dans le coryza aigu qui s'observe surtout chez les enfants et chez les adolescents, n'est pas à proprement paider une hémori'hagie d'origine nasale dans la majo- rité des cas. Le plus souvent (et l'on peut même dire toujours lorsque l'hé- morrliagie a lieu à la fois par les deux narines) le sang vient de l'amygdale pharyngée. Ni le catarrhe chronique simple, ni la rhinite Irypertrophique, ne paraissent favoriser par eux-mêmes les épislaxis; mais il n'en est pas ainsi de la rhinite atrophique, fétide ou non. Chez des sujets atteints de cette affection, on voit quelquefois, du haut en bas de la moitié antérieure de la cloison, des arborisa- tions vasculaires bleuâtres, constituées par des veines (rarement noueuses et sinueuses), du volume d'un gros fil ou plus, siégeant sur une muqueuse extrêmement atrophiée, amincie, desséchée. Ces vaisseaux ne sont pas seule- ment superficiels, ils font une vraie saillie à la surface de la muqueuse, et sont exposés à se rompre au moindre traumatisme, au moindre effort que fait le malade en se mouchant, etc. Cette rupture vasculaire peut être, dans certaines conditions, le point de départ d'épistaxis profuses, et comme le vaisseau lésé s'oblitère malaisément et que sa cicatrisation définitive, déjà rendue longue et difficile par l'état anato- mique des parties, est souvent encore entravée par les mouvements imprimés à la saillie nasale quand le malade se mouche, se lave le visage, etc., ces épistaxis se répètent souvent, soit coup sur coup, soit à des intervalles rap- prochés. Si elles sont abondantes, elles ne tardent pas à altérer la santé géné- l'ale du malade et à constituer un véritable danger, de gravité croissante. On ne les observe guère que chez des sujets atteints de rhinites atrophiques anciennes et très avancées ; quelquefois à la fin de la seconde enfance ou à l'époque de la puberté, mais beaucoup plus fréquemment chez les adultes. J'ai rapporté l'observation d'un cas de ce genre, survenu chez un homme de trente ans, dont l'existence a été menacée, à plusieurs reprises dans un intervalle de quelques années, par des hémorrhagies nasales formidables, survenant par séries, une ou deux fois dans l'année, et particulièrement au printemps. Après une première épistaxis violente très abondante, et qui ne cédait qu'avec une syncope tardive si le tamponnement ne pouvait être pratiqué à temps, le malade était repris, quelques heures plus tard, ou seulement après un ou deux jours, d'une nouvelle hémorrhagie, suivie d'une troisième, et parfois de](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20415989_004_0023.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)