Volume 2
Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud.
- Date:
- 1891-1894
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Credit: Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud. Source: Wellcome Collection.
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![decine en 187.. Bouchardat et Fauve] ont voulu faire prévaloir celte doctrine contre Chauffard, partisan de la nécessité d'un apport primitif de germe typhique pour le développement épidémique du typhus. L'auteur du récent article Typhus du Dictionnaire Encyclopédique, Nielly, est un partisan résolu de l'origine spontanée (1885). Que dans des agglomérations du genre de celles dont parle Murchison — camps, armées, prisons, vaisseaux, hôpitaux — de sévères épidémies de typhus aient éclaté, c'est incontestable; mais la cause est-elle dans le fait de l'agglomé- ration avec défaut d'aération? ou ces conditions ne sont-elles pas plutôt d'éner- giques moyens de diffusion, masquant la cause première difficile à trouver? Les idées contemporaines vont mal avec cette hypothèse de la génération spontanée, et le germe du typhus ne se crée pas plus de toutes pièces sans doute que le germe du charbon, du choléra, etc. Mais il faut serrer la question de plus près et examiner rapidement les faits à l'appui de la doctrine de Murchison. L'auteur anglais a rassemblé dans son livre un grand nombre de faits épidé- miques dans les armées, les prisons, les vaisseaux, etc., qui lui semblent im- poser la conviction. Jamais l'apport d'un germe typhique ne put être démontré, et toujours on rencontra les conditions d'encombrement avec défaut d'aération. Griesinger a jugé la question en quelques lignes qui méritent d'être citées. « Murchison, dit-il, rapporte un certain nombre d'exemples qui ne semblent pas inattaquables, mais qui, dans leur ensemble, rendent assez vraisemblable l'hypothèse d'un développement spontané. » Trois exemples pris parmi les plus connus feront, avec la critique qui s'y attache, juger la valeur de la doctrine. (1) La Lancet de 1881 contient le fait suivant invoqué par tous les partisans de l'origine spontanée. « Un vaisseau égyptien vint à Liverpool en février. Son équipage avait eu beaucoup à souffrir de la misère et de la malpropreté cl comptait beaucoup de malades ; il n'avait aucun cas de typhus, mais des dysenteries, des affections pulmonaires, etc.; la fétidité et la misère régnaient au plus haut degré sur ce vaisseau. Plusieurs personnes qui visitèrent le navire furent atteintes de typhus exanthématique et en moururent. La partie saine de l'équipage fut en- voyée dans un bain public à Liverpool ; sur les six garçons de cet établissement, trois furent atteints de typhus dans le cours des douze jours suivants; un mourut. Un certain nombre de malades du vaisseau dont aucun n'avait le typhus furent envoyés à l'hôpital à Liverpool : le typhus s'y déclara aussitôt.... » Ainsi donc genèse spontanée du poison typhique parmi des agglomérés ma- lades, affaiblis, malpropres, et transmission du mal à ceux qui ont approché les individus imprégnés du poison né spontanément— mais d'ailleurs, non. ma- intien eux-mêmes. Voilà entre tous un exemple probant. Le Dr Parkes ne fut pas convaincu, et découvrit que parmi les trente-deux Arabes débarqués du Scheah Gehald et envoyés à l'hôpital de Liverpool, il y avait un certain nombre de cosde typhus que lemédecin de l'hôpital—peu fami- lier avec une affection qu'il n'avait jamais vue — ne sut pas diagnostiquer. Il découvrit aussi que quelques-uns des Arabes transportés étaient déjà malades au moment de leur embarquement (E. Vallin. Note du traité de Griesinger).](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20415989_002_0017.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)