Volume 1
Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud.
- Date:
- 1891-1894
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Credit: Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud. Source: Wellcome Collection.
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![menlalion lactique, formula hautement et clairement la conclusion suivante : 1(1 l'ennentalinn eM can'élative de la vie^ de f or(jani>i(i-lion de r/lohiiles^ non de Je '-mort OH de la j}ulréfaction de ces globules, pas plus (pi elle 11 y apjparaît comme tin phénomène de contact, où la transformatio)i du sucre s'accomplirait e)i pré- sence du ferment, sctns lui rien, donner, sans lui rien prendre. L'étude de M. Pasteur sur la levure complète la démonstration. Celte étude nous montre ce végétal vivant, se dévelop})ant dans un liquide additionné de matières minérales et dépourvu de substance organique en voie d(^ d<''Cf)m. position; en vivant, en se développant, cette levure va emprunter du carbone au sucre, de Tazote, du phosphore, du potassium aux substances minérali- sées. Le doute, après ces expériences, ne pouvait subsister : la fermenta tion était bien fonction de la vie d'êtres microscopi(pies. El, remarquons-le. du même coup, M. Pasteur avait cré<' la mélliode des cultures successives, qui permettent d'isoler, de faire évoluer, dans des milieux inertes, ces êtres microscopiques. Or, nul ne l'ignore, cette méthode des cultures successives est la clef de voûte de l'ivlilicc; sans elle, il n'y a pas de démonstration rigoureuse. Pendant que Pasteur poursuivait, toujours dans cette voie, ses recherches sur l'air, sur les vins, sur la bière, plusieurs événements se d('>rou laient dans le domaine de la pathologie. En 1850, Rayer et Davaine, puis, en 1855 et IX.)?, Pollender et Brauell décou- vraient, dans le sang des animaux malades du sang de rate ou venant de suc comber, des corps fdiformes, des baguettes, des bâtonnets charbonneux, comnu les appela Delafond. Ce dernier fit même, avec ce sang, quelques tentatives de culture en dehors de l'organisme, et cela dès 1800. Or, vers 1861, M. Pasteur montrait que l'agent de la fermentation ]julyri({ue (Mnil im organisme fort analogue à celui du sang des animaux charbonneux. Frappé de ces rapprochements, Davaine s'efï'orça, sans y nnissir absolument, de débarrasser la bactéridie de ce qui l'entoure. M. Chauveau, qui, dans l'année 1867, par des expériences mémorables, avait prouvé que, pour les virus de la variole, du vaccin, de la clavelée, le principe actif n'est pas la partie purement liquide (pie le filtre laisse passer, mais bien la partie solide, les élé- ments corpusculaires qu'il retient. M. Chauveau, disons-nous, accepta les idées de Davaine, de Pasteur, et prédit la généralisation des travaux de ce dernier aux septicémies, aux pyémies. Toutefois, on n'avait pas encore cultivé in vitro un ferment pathogène, connue cela avait été fait pour d'autres ferments, lac- tique et butyrique, etc., dont nous avons parlé. Ilallier essaya une série de cultures sur du ])ain, sur du blanc d'œuf; il ne recueillit le plus souvent que des organismes quelconques, attribua faussement la choléra nostras au Penicillum crustaceum, le choléra asiatique à YUrocystis Oriza\ la variole au Torula rufescens, etc., il ne parvint jamais à reproduire une seule alTection, en inoculant ses cultures, et se perdit complètement dans les dédales d'un polymorphisme sans mesure. Vers cette époque, Pasteur, avec ses élèves Joubert et Chamberland, cultiva avec succès dans des matières inertes la bactéridie charbonneuse, grâce à des procédés qui lui avaient réussi pour d'autres ferments. Koch, dès 1876, en faisant évoluer, de son côté, jusqu'à la sporulation, le germe du sang de rate, dans le sérum ou dans](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20415989_001_0015.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)