Volume 4
Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud.
- Date:
- 1891-1894
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Credit: Traité de médecine ... / publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard, Brissaud. Source: Wellcome Collection.
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![conipliijiK' (le pneuniollioi-ax, beaucoup d'auteurs et M. Galliard entre autres, pensent qu'il faut lui attribuer les cas ûg pneumothorax simple « accidentel ». Des 57 observations rapportées par M. Galliard, n seulement ont été suivies d'autopsie. Dans 1 de Ranking('), il s'agissait d'un jeune homme de dix- sept ans qui avait été pris subitement à l'église d'une violente douleur du côté gauche et d'une dyspnée poussée jusqu'à la suffocation : on constata tous les signes d'un pneumothorax sans liquide qui guérit en deux mois; trois mois après le malade mourait sul»itemcnt de la rupture d'un anévrysme disséquanl de l'aorte; à l'aulopsie on ne trouva ni tubercules ni pleurésie, mais seulement quelques vésicules emphysémateuses communiquant les unes avec les autres. Dans les 2 autres (Slokes, Widal) on trouva quel(|ues vésicules emphysé- mateuses. Les lésions d'emphysème sont toujours ici discrètes et dilTérentes de celles des grands emphysémateux. Ce pneumothorax simple accidentel survient, soit à la suite d'un effort, soit dans un accès de rire, soit simplement au cours d'une conversation, ou même sans cause et au milieu du sommeil. La pression nécessaire poui- rompre les alvéoles pulmonaires sains est bien suj)érieure à celle que produi- sent les efforts et surtout les mouvements respiratoires normaux; la conslric- lion même du thorax dans un écrasement amène ordinairement, le pneumo- ihorax, non par déchirure des vésicules pulmonaires, mais par arrachement d une bronche d'un certain volume. Il est donc indispensable d'admettre dans tous les cas de pneumothorax accidentel l'existence préalable d'une lésion pulmonaire, qui ne peut être qu'un tu]>ercule ramolli ou l'emphysème. Or l'emphysème des enfants et celui des hommes au-dessus de cinquante ans n'est que très exceptionnellement compliqué de pneumothorax: aussi ]\L (ialliard admid-il que chez l'adulte seul la plèvre est suftisamment adhérente au pou- mon pour qu'elle soit déchirée en même temps que la vésicule emphyséma- teuse et <]ue le pneumothorax puisse se produire. Chez l'enfant et les vieux emphysémateux, le tissu cellulaire sous-pleiu'a! est trop lâche, l'adhérence de la plèvre insuffisante, partant sa rupture pres(iu(* inqiossible. Quant au tubercule sous-pleural il doit être, dans un certain nombre de cas difficile à déterminer, la cause de cette variété de pneumothorax. Nous savons, en etfet, qu'il suffit d'un seul tubercule pour produire un pneumothorax. West en a encore rapporté récemment un cas à la Société clinique de Loiulres ; nous savons que le pneumothorax simple tubercuhnix est susceptible de guérir; nous savons enfin que la tuberculose est curalde, et que le pneumothorax est dans certains cas un agent de la guérison ; il n'est pas invraisemblable, par conséquent, que le pneumothorax tuberculeux survienne en pleine santé et paraisse accidentel, qu il soit Ix'uin, et (pi il ne soit ]»assui\i de luberculose pulmonaire. Ouoi tju'il en soit,ce pneumothorax dit accidentel est un accident assez rare. On l'a observé sur 52 cas où l'âge est spécifié chez 9 sujets de trente-cinii et cinquante-six ans, mais dans tous les autres cas chez des individus d( seize à trente-cinq ans et M. Galliard propose de l'appeler <' pneumothorax des conscrits ». (') Bril. inril. -Imir.. ISfiO.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20415989_004_1107.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)