Déontologie Médicale, ou, Des devoirs et des droits des médecins dans l'état actuel de la civilisation / par Max. Simon.
- Date:
- 1845
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Credit: Déontologie Médicale, ou, Des devoirs et des droits des médecins dans l'état actuel de la civilisation / par Max. Simon. Source: Wellcome Collection.
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![silence à l’instincl de conservation qui lui crie de fuir, il doit vivre dans celle atmosphère mortelle. Les populations effrayées viennent- elles a soupçonner dans le délire delà terreur ce pernicieux caractère du mal, il doit ensevelir dans le sanctuaire de sa conscience ce se- cret dangereux; il doit réserver pour lui seul le privilège de cette torture morale. Dans ces jours do désolation universelle, le médecin devient comme l’arbitre de la moralité humaine ; il peut d’un mot briser les rapports les plus saints de la famille, de l’amitié ; il peut faire hé- siter la plus haute vertu, dans le cœur le plus généreux. Quelle est la science de la terre, qui ait une telle portée, à qui il soit donné d’exercer sur la conscience humaine un empire aussi redou- table? Si à mesure que la fonction sociale de l’homme s’agrandit, si à mesure surtout que celui-ci s’élève dans la sphère morale , ce devoir devient plus inflexible dans les prescriptions qu’il impose , commande avec une autorité', qui doit être plus obéie, (pielles ne sont pas les obligations de notre ministère dans ces épreuves ter- ribles , auxquelles il plaît à Dieu de soumettre de loin en loin la vertu de l’humanité ? Lorsque le médecin, prodigue de sa vie, se sacrifie ainsi pour ve- nir en aide à toutes les souffrances ; qu’il brave la contagion de la lieste ou du choléra, contre lesquels son art se montre impuissant, pour atténuer, autant qu’il est en lui , les effets de ja terreur sur l’esprit des populations , la société , appréciant la sublimité d’un tel dévouement, se montre sans doute généreuse envers les hom- mes , auxquels elle impose la charge d’une mission si dilTicile. 11 n’en est rien , nous devons le dire hautement ; la reconnaissance des malades envers les médecins est une vertu de luxe , de suréro- gation , à l’usage de quelques ûines délicates , et tout près de tom- ber dans les hallucinations du scrupule. En général, on comprend ])lus largement l’office du médecin , et les hommes ne chargent pas si facilement la mémoire du cœur du fardeau d’une reconnaissance inutile. Un peu d’or acquitte surabondamment envers un tel créan- cier. Une appréciation aussi mercantile du dévouement du médecin, est-elle bien propre à le soutenir dans l’œuvre de sa mission labo- rieuse? N’est-ce pas présumer un peu trop des forces humaines , que de leur assigner un but si élevé, et de leur fermer ensuite toutes les sources généreuses auxquelles elles pourraient s’ali- menter. On nous accuse de n’apporter dans l’exercice de notre profes- sion , qu’une intention vénale , que le froid calcul d’un intérêt vul- gaire. Ceux qui nous adressent ce reproche, croient, nous en sommes sûr, justifier ainsi leur ingratitude. Nous ne nous ferons](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28041379_0018.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)