Déontologie Médicale, ou, Des devoirs et des droits des médecins dans l'état actuel de la civilisation / par Max. Simon.
- Date:
- 1845
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Credit: Déontologie Médicale, ou, Des devoirs et des droits des médecins dans l'état actuel de la civilisation / par Max. Simon. Source: Wellcome Collection.
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![médecin ne doit-il pas exercer incessamment sur iiti-méme, s’il veut que sa science soit constamment animée de cet esprit de cha- rité , sans lequel, là surtout, elle court risque de dégénérer en une œuvre impie de simple expérimentation. Ce dernier écueil est d’au- tant plus à craindre, qu’une noble passion, l’amour delà science, peut en dissimuler le danger : nulle part le mal n’offre une pente si glissante : malheur au médecin, qui marche ici sans l’appui d’une morale sévère, à qui une philosophie élevée n'a point enseigné l’in- violabilité de la vie humaine, car il pourra faire le mal avec cet effroyable sang-froid , qui ferait presque douter de la réalité de la conscience. Après avoir échappé aux séductions perfides de l’amour de la science, après avoir ré.sisté, en face des infirmités les plus repous- santes, à toutes les répugnances delà sensibilité, le médecin doit rencontrer bien d’autres écueils encore sur la route, dans laquelle l'appelle sa sévère vocation. l.a maladie fait peser son terrible niveau, sur tout ce qui est en possession de la vie ; si elle connaît mieux le chemin , qui mène au réduit glacé du pauvre, elle sait aussi surprendre les grands au milieu de leurs plaisirs. Et pas plus que la fortune et les grandeurs, la jeunesse et la beauté n’affranchissent d’un tribut, auquel une loi indexible a soumis l’humanité. Mais la maladie ne flétrit point loutcequ’elle touche, et une femme jeune , belle, dont la maladie à sa racine dans le cœur peut-être, ne perd sous l’influence de quel- ques accès de fièvre , ou de quelques spasmes nerveux, ni les sé- ductions de son regard, ni l’harmonie de sa voix, ni aucun de ces charmes , auxquels doivent être tour à tour demandés les ensei- gnements de la plus périlleuse séméiologie. Toutes les femmes même dans la maladie conservent la coquetterie de leur nature; et comme le mari, suivant cette na'ive paysanne de la Suisse, le médecin est encore poui- elles un homme quelconque. L’homme le plus sévère dans ses principes, le plus scrupuleux dans ses mœurs, doit ici se mettre en garde contre la surprise des sens. La convenance, qui enveloppe la chambre d’une femme, du mystère du gynecée anti- (jiie, est une loi de haute moralité; cette barrière tombe devant le médecin; et quelque circonspection qu’il mette dans les investi- gations auxquelles il doit se livrer, pour s’éclairer sur la nature et le siège du mal, bien des secrets lui sont révélés. 11 faut que ses sens reçoivent toutes ces impressions, et qu’ils n’y répondent pas; il faut que celles-ci se jouent autour du cœur sans y pénétrer, car lessens troublés, émus, n’apporteraient à l’intelligence, que des informations erronées , et l’œuvre lie la science deviendrait impos- sible. Mais là n’est point encore pour le médecin l’épreuve la ])lus](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28041379_0015.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)