Traité d'hygiène / par A. Proust ; avec la collaboration de A. Netter et H. Bourges.
- Proust, Adrien, 1834-1903.
- Date:
- 1902
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Credit: Traité d'hygiène / par A. Proust ; avec la collaboration de A. Netter et H. Bourges. Source: Wellcome Collection.
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![HYGIÈNE ET SÉCURITÉ DES TRAVAILLEURS DANS LES ÉTABLISSEMENTS INDUSTRIELS M. Sabatier, dans son remarquable rapport de TExposition de 1900, justifie de la façon la plus satisfaisante à notre avis Tingérence de l'État dans les questions du tra- vail industriel. L'ouvrier est dans un état de pi'ril continu. Un effort excessif réduit son aptitude au travail et abrège sa vie; le surmenage de la femme et de l'enfant compromet l'avenir de la race. L'atelier malsain, les dangers des machines, le séjour prolongé dans l'usine alors que l'heure du re})OS et du grand air a sonné, le travail quotidien sans un intervalle de cong.', voilà autant de causes qui diminueront la valeur phy- sique et professionnelle de l'individu et en feront un client de l'assistance publique pendant les quelques jours qui le séparent d'une mort prématurée. L'intérêt général, dont l'Etat est le gardien, lui donne le droit d'assurer l'hygiène dans les manufactures cl ateliers et de veiller à la sécurité des ouvriers. La régle- mentation des heures de travail, rétablissement des heures de repos i)rocèdentdu même principe et aboutissent aux mêmes fins : la défense de l'ouvrier contre l'ouvrier lui- même trop porté par les nécessités de la vie à se surmener et à surmener avec lui sa femme et ses enfants; la défense de l'ouvrier contre le patron insouciant ou entraîné aux abus par la suggestion de la concurrence. L'intervention de l'État seule i)eut avoir raison de l'incurie du patron et de l'ou- vrier; la loi détermine les mesures à prendre et les rend obligatoires. La continuité de leur application est assurée par l'administration et ses pré])0sés. Ces mesures sont les mêmes pour tous les producteurs et dès lors leurs consé- quences souvent onéreuses ne pèsent pas seulement sur le patron et l'ouvrier sou- cieux de riiygiène et de la s'curit '' de l'atelier, mais sur l'ensemble des uns et des autres. La collection des citoyens (jiii conliibue [)ar l'inqxjt aux dépenses de l'assistance publique est intéressée à ({iie le nombre des assistés diminue, et cette diminution est assurée par l'ensemble des mesures qui rendront plus rares les causes et moins graves les consécpiences des maladies et des accidents. Certaines législations ont été très loin dans cette direction. Elles ont limité même |)Our l'adulte la durée du travail, établi la nécessité d'un jour de re])Os, déterminé le nombre et la durée des repos. La journée industrielle de huit heures réclamée par le programme socialiste est en vigueur dans les ateliers et chantiers de la plupart des États de l'Amérique du Nord. La Suisse a fixé à onze heures la durée maxima de la journée de travail. Cette durée est réduite à dix heures la veille des dimanches et jours fériés. La loi fédi'rale du :23 mars 1877 décide aussi que, sauf les cas d'absolue nécessité, le travail est interdit le dimanche. L'accord est encore plus unanime i)our la proteclion des jeunes sujets et des femmes. En Angleterre, l'enfant de onze à quatorze ans ne peut travailler plus de quatre](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b2135750x_1246.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)