Recherche et diagnostic de l'hérédo-syphilis tardive / par Edmond Fournier.
- Fournier, Edmond, 1864-1938.
- Date:
- 1907
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Credit: Recherche et diagnostic de l'hérédo-syphilis tardive / par Edmond Fournier. Source: Wellcome Collection.
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![dent. Cette syphilis, qiioi(|ue non traitée, avait été très bénigne : la roséole avait passé inaperçue, et il était survenu seulement quelques plaques mu- queuses dans la bouche. La mère, moins forte que ses ascendants, était mi- graineuse el nerveuse. Dans les vingl-neui mois qui avaient précédé la naissance de la petite malade qui fait l'objet de cette observation, il y avait eu deux fausses couches de deux mois ou deux mois et demi, un accouche- ment pi'ématuré d'un enfant mort-né à six mois à une troisième grossesse, et enfin la naissance de noire malade à terme. Celte fillette a été élevée au sein de sa mère, et, le vingt-deuxième jour apiès sa naissance,je fus appelé près d'elle pour une éru|)lion survenue depuis la veille. Je conslatai un coryza, un teint pale, un faciès amaigri, les commis- sures labiales fissurées et des plaques ulcérées sur les lèvres. 11 existait en outre des placpies papulo-érosives au |)ourtour de l'anus et sur les fesses. Ce n'est qu'à ce moment que j'eus connaissance de la syphilis du père. J'insti- tuai le traitement avec les frictions à l'onguent napolitain (un gramme par friction); je laissai l'enfant au sein de sa mère cjui n'a jamais présenté d'ac- cident et, douze jours après le début des syphilides, tout était rentré dans l'ordre. J'ai conseillé pendant la première année six séries de vingt frictions qui lUit été laites. Treize mois après, la mère a eu un nouvel enfant, celui-ci a pré- senté aussi pendant le deuxième mois des syphilides qui ont été soignées de la même façon. Quelques frictions furent faites encore pendant la seconde année, puis tout ti'aitenient fut abandonné, malgré mon avis. Je n'avais pas entendu parler des enfants, lorsqu'à l'âge de cinq ans celle qui nous occupe aujourd'hui eut une rougeole d'intensité moyenne qui évolua sans compli- cations. Je remarc[uai à ce moment <]ue les dents de lait étaient presque toutes noires et cariées. Mes derniers soins remontaient à cette rougeole lorsque je fus appelé pour If^s faits qui nous intéressent et que j'ai indiqués au début de cette observation. J'ai oublié de dire que les incisives latérales su[)érieures étaient beaucoup plus pelites que les incisives médianes supéi'ieures de la seconde dentition. Comme je l'ai déjà dit, mon impression fut très mauvaise, étant donnés l'âge de la malade et le pronostic [)resque fatal chez les enfants. Cet tain de l'hérédo-syphilis du sujet, je me raccrochai, avec un faible espoir, je l'avoue, à cette diathèse comme cause de son diabète et, sans oser négliger cepen- dant l'hygiène des diabétiques que je n'instituai pas d'une manière très sé- vère, je donnai 1 gramme, puis 1 gv. i>0 d'iodure chaque jour en y ajoutant des frictions d'onguent mercuriel double à 2 grammes par friction. La boisson que je permis en mangeant fut le lait et une infusion légère de houl)lon, de quassia ou de petite centaurée entre les i-epas. Trois semaines après le début du Iraitement, j'avais obtfmu un résullat bien médiocre. Je fis continuer l'iodure seul pendant vingt jours, puis aloi-s reprendre les frictions pendant trois semaines.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21174064_0415.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)