Volume 5
Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger.
- Bouchard, Ch. (Charles), 1837-1915.
- Date:
- 1895-1903
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Credit: Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger. Source: Wellcome Collection.
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![sur les côtés à la partie inférieure et postérieure. Toutefois, dans les ré- gions qui correspondent au côlon ascendant et descendant, il existe deux bandes de sonorité, parce que ces parties de Tintestin sont maintenues par des mésos trop courts pour leur permettre de flotter à la surface du liquide ; ces bandes sonores ne disparaissent que si les côlons sont pleins de matières solides ou subissent une forte compression. La limite supé- rieure de la zone de matité n'est pas une courbe régulière (F^reslau), mais une ligne irrégulièrement sinueuse, parce que le liquide pénètre peu ou moins avant entre les anses intestinales. Si on fait placer successivement le patient dans le décubitus latéral droit ou gauche, et si on attend quel- ques minutes avant de percuter pour laisser au liquide le temps de se déplacer (et ce tem])s varie avec la mobilité, c'est-à-dire la fluidité du liquide), on constate la substitution des zones mates aux sonores et inver- sement. Quand le maLide est debout, la partie inférieure est mate et la su])érieure sonore, et, s'il prend la position genu-pectorale, c'est la région abdominale antérieure qui devient mate, tandis que la sonorité est con- statée dans les régions des flancs et des lombes ; c'est dans cette attitude qu'on perçoit le mieux de faibles épanchements, ainsi qu'en élevant, pendant que le patient est dans le décubitus latéral, le bassin où le liquide s'accumule tout d'abord (Bamberger). C'est pour cette dernière raison que chez la femme le toucher vaginal permet de diagnostiquer un épanchement de 2 ou 500 grammes, en révé- lant l'ahaissement de l'utérus et des culs-de-sac vaginaux, la diminution du poids de Tutérus (Tripier) et la mobilité caractéristique du col (Scanzoni). Quand l'épanchement est considérable, le mésentère n'est pas assez long pour permettre aux anses intestinales de flotter à la surface dû liquide dont le niveau est trop élevé et la matité dans le décubitus dorsal occupe la partie supérieure de l'abdomen, tandis que les parties latérales, où les intes- tins se trouvent maintenus, rendent un son tympanique. Alors on n'obtient plus les déplacements de la sonorité en modifiant l'attitude du malade. Les troubles fonctionnels imputables à une ascite, abstraction faite des symptômes propres à la maladie qui cause l'ascite, sont les conséquences de la compression des viscères intra-abdominaux et du refoulement des viscères tlioraciques ; par suite, ils sont proportionnels à l'abondance de l'épanchement, entrave à la progression régulière des matières et des gaz dans le tube digestif, d'où météorisme croissant, atonie de l'intestin, vomissements, déplacement du foie et de la rate et élargissement de la base du thorax, trouble de la miction par compression de la vessie ; gcne circulatoire dans la veine cave et ses tributaires, d'où œdème des membres inférieurs et de la paroi; refoulement du diaphragme, du cœur et des ])oumons, d'où dyspnée, palpitations, obligation de garder une attitude intermédiaire au décubitus dorsal et à la position assise sous peine d'éprouver des suffocations ou syncopes. Il y a lieu à différencier l'ascite du météorisme : absence de fluctua- tion, sonorité tympanique en tous points et dans toute attitude, — de la](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20416076_005_0712.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)