Volume 3
Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger.
- Bouchard, Ch. (Charles), 1837-1915.
- Date:
- 1895-1903
Licence: Attribution-NonCommercial 4.0 International (CC BY-NC 4.0)
Credit: Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger. Source: Wellcome Collection.
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![léllcxes. Nous avons moiiti'ù iiotamincnl rinnncnco du système iierveux dans le développement de certains accidents de Tcmbolie. Mais ce sont les connexions vasculaires qu'il est surtout intéressant d'étudiei;. Le cœur cl le poumon sont unis |)ar des synergies très étroites. Si les lésions du ca?ur retentissent rapidement sur le poumon, réciproque- ment les lésions du poumon modifient profondément la circulation car- diaque. Les dégénérescences scléreuses de cet organe, reuqjliysème pul- monaire déterminent une géne de la circulation qui entraîne plus ou moins rapidement la dilatation du cœur droit. Il en résulte des accidents asystoliqucs qu'il n'est pas toujours facile de rattacher à leur véritable cause. Il semble cependant que l'asystolie d'origine j)ulmonaire présente (pielques caractères particuliers tenant à ce fait que le venti'icule gauche continue à fonctionner d'une façon k peu près normale. La tuberculose pulmonaire agit de même, du moins dans certaines formes: c'est la tuber- culose fdjreuse, dans laquelle prédominent les lésions scléreuses et emphy- sémateuses, qui détermine la dilatation du cœur droit. Ainsi le poumon retentit sur le cœur et, par l'intermédiaire de cet organe, peut troubler tout l'organisme. Il met encore en œuvre un autre mécanisme, celui de l'auto-intoxication. Nous ne parlons pas seulement des modilications dans les échanges gazeux. Sans doute, l'absorption insuflisante de l'oxygène ou l'exhalation incomplète de l'acide carbonique engendre une série de troubles généraux. Mais il ressort encore de nos expériences que le poumon protège l'organisme contre un grand nondjre de poisons. Son rôle est, jusqu'à un certain point, comparable à celui du foie. Or, tandis que le foie n'agit que sur les produits charriés par la veine porte, le poumon [»eut intervenir plus fréquemment, car toutes les substances solubles, quelle que soit leur voie d'entrée, doivent forcé- ment, avant d'arriver aux centres nerveux, passer par le réseau pulmo- naire. Pour mettre en évidence l'action du |)oumon sur les poisons, on peut utiliser deux méthodes : injecter comparativement la solution toxique par une veine périphérique et par le bout central de la carotide. Dans ce dernier cas, le poison arrivera dans la circulation générale sans avoii- traversé le poumon. On ])eut encore avoir recours aux circulations artifi- cielles. On reconnaît ainsi que, pour agir sur les poisons, le poumon, même séparé du corps, doit recevoir de l'air ou de l'oxygène; si l'on fait passer par les voies respiratoires un gaz inerte, comme l'hydrogène, son inlluence cesse de s'exercer. Nos recherches, confirmées et complétées par celles de Boeri, Giu- ranna, Gafiero, démontrent que le poumon peut protéger l'organisme non seulement en rejetant les toxiques volatils, mais encore en arrêtant et neutralisant certains poisons fixes, probablement en leur faisant subir une oxydation. Ces données nouvelles fournies par l'expérimentation sont de nature à expliquer certains symptômes enregistrés en clinique. On admettait déjà](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20416076_003_0537.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)