Volume 6
Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger.
- Bouchard, Ch. (Charles), 1837-1915.
- Date:
- 1895-1903
Licence: Attribution-NonCommercial 4.0 International (CC BY-NC 4.0)
Credit: Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger. Source: Wellcome Collection.
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![Avec la troisième méthode, les injections intra-portales, nous entrons dans une catégorie de faits plus directement applicables à la clinique. Laissons de coté, pour le moment, tout ce qui a trait aux injections toxiques pratiquées dans le but d'étudier le pouvoir d'arrêt du foie poul- ies poisons. Restent de très nombreuses expériences, dans lesquelles on a fait arriver au foie, par la veine porte, des substances plus ou moins for- tement irritantes. La nature chimique de la substance injectée importe relativement moins ici (pie la question de doses, de durée, et de nocivité plus ou moins grande pour le parenchyme hépatique. Si du reste on peut, par injection intra-portalc de substances septiques on Ires irritantes, obtenir la série des lésions hépatiques aiguës, suppura- tives on nécrosantes, c'est à la méthode plus lente, mais moins brutale, de ['absorption digestive portale qu'il faut recourir pour reproduire expéri- mentalement les lésions chroniques du foie et en particulier les cirrhoses. Valcool a donné lieu, à cet égard, à des recherches nombreuses et souvent contradictoires. Son rôle cirrhogène, incontestable en clinique, ;i été expérimentalement loin- à tour affirmé et nié. Straus et Blocq. Hans, Afanassiew, obtiennent des résultats positifs, ou tout au moins des lésions d'hépatite subaiguë diapédétique, tandis que Sabourin, von Kahlden, Ad. Laffitte, ne constatent que des lésions de dégénérescence cellulaire, de stéalose des cellules hépatiques. Mais il ne s'agit là que d'une antinomie apparente, due à la diversité des conditions expérimentales, comme l'a montré de Rechter en 1892. (Test ici, comme toujours en matière de cirrhose ('), queslion de doses et de dilution plus ou moins grandes de la boisson alcoolique ; stéatose, si l'alcool est donné à hautes <l<>>es et pendant un temps relativement court; cirrhose, avec les petites doses longtemps continuées. De Rechter aurait ainsi obtenu des cirrhoses typiques, et sans lésions épithéliales, sur quatre lupins et un chien. Ainsi s'explique la fréquence de la cirrhose veineuse plus grande chez les buveurs de vin que chez les buveurs d'alcool; non pas qu'il y ait là rien d'absolu ni d'exclusif, et la doctrine étroite de Lanccreaux (2) ne peut, je crois, être admise. S;uis doute, le buveur de vin parait plus apte à devenir cirrhotique; mais les « buveurs de gin », en Angleterre, ont donné leur nom au foie clouté, et combien d'observations typiques, de cas purs, ebez les enfants par exemple, montrent la cirrhose granuleuse produite uniquement par l'usage et l'abus de l'alcool! Je ne crois pas davantage «pie, dans le vin, il faille incriminer le sulfate acide de potasse, comme le veut Lanccreaux; son action, ainsi que l'ont montré les chiffres et dosages de Riche, ne peut guère être sérieu- sement mise en cause. Si le vin parait plus sclérogène que les spiritueux, (*) A. Chauffard, Formes cliniques des cirrhoses <lu foie. Rapport au Congrès de Moscou, août 1897. »] Discussion ,:. l'Acad. de méd., 1897-1898.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20416076_006_0023.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)