Volume 3
Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger.
- Bouchard, Ch. (Charles), 1837-1915.
- Date:
- 1895-1903
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Credit: Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger. Source: Wellcome Collection.
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![une ration d'entretien complète. C'est ce qui ressort notaunnent (Vexpé- riences très soignées faites sous la direction de Bunge, et qui seront expo- sées plus loin (voy. p. 51). La condition première d'essais tout à fait rigoureux sur la nutrition se trouve donc n'être pas réalisable, au moins quant à présent. Il y a dans notre nourriture des parties mal connues, sur lesquelles nous ne pouvons agir qu'en gros, alors que l'action qu'on leur suppose ne pourrait être clairement établie que par une dissociation expérimentale plus profonde, dont la réalisation est précisément impossible. D'ailleurs, la complication du problème et tout ce qu'il y a d'approclié dans nos expériences sur la nutrition des animaux supérieurs apparaissent clairement quand on se reporte au travail de Raulin, cité plus haut, et à la pénétrante critique qu'en a faite Duclaux. En ce qui concerne la présente question, Tun et l'autre abondent en indications intéressantes (/). N'en retenons ici qu'une seule, celle qui est relative à l'action si curieuse exercée par des traces de zinc sur l'aspergillus. Raulin a montré que la suppression de ce métal dans le liquide nutritif fait tomber la récolte de ])lante de *25 grammes à '2',5. Une très faible quantité de ce métal suffit donc à produire une plus-value de 22^'',5 dans la récolte, c'est-à-dire d'un poids de plante qui se trouvait être 700 fois inférieur au sien. Dans quelques expériences, ce chiffre a même pu s'élever à 955. Nous voyons donc la prospérité de la récolte, ou d'une manière plus générale, le maintien et la propagation de la vie, dépendre dans une assez large mesure de l'existence de certains éléments en quantités extrê- mement petites. En l'absence de ces matériaux, l'être vivant est languis- sant, malgré l'abondance avec laquelle les autres aliments peuvent lui être offerts. N'y a-t-il pas lieu de se demander si, chez les animaux supérieurs, l'entretien de la vie n'est pas lié aussi à la présence d'aliments du même ordre que le zinc pour l'aspergillus, et lorsque nous trouvons d'une ma- nière constante dans les tissus des animaux des traces de fluor, par exemple, sommes-nous en droit de considérer ce métalloïde comme un élément étranger à la nutrition et simplement entraîné dans l'organisme par les matériaux alimentaires? Il se peut, au contraire, qu'il soit indis- pensable à la vie. L'expérimentation seule permettrait de trancher cette question. Mais on vient de dire à quelles difficultés on se heurte dans la réalisation des conditions d'une telle recherche ! Les travaux récents sur la présence normale de Viode dans la glande thyroïde, le thymus, la rate, la glande pituitaire, montrent bien l'impor- tance considérable de ce genre de recherches, bien que la question, telle qu'elle a été soulevée par ces travaux, reste encore tout entière en sus- pens. Après avoir établi la présence constante de l'iode dans la glande thyroïde, et montré que Liode est moins abondant ou fait défaut dans la thyroïde des goitreux, Baumann a retiré de cet organe, par l'action de Duclaux, Chimie biologique. Encyclopédie de Frémy, p. 201.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20416076_003_0020.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)