Volume 3
Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger.
- Bouchard, Ch. (Charles), 1837-1915.
- Date:
- 1895-1903
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Credit: Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger. Source: Wellcome Collection.
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![de ses échanges avec le monde extérieur, et, selon qu'il est dans une période d'accroissement ou de déclin, constater que les entrées renq)or- tent sur les sorties, ou inversement, et que la différence se retrouve exactement dans l'augmentation ou la diminution du poids total de Tètre vivant. Rien ne nous paraît aujoiudliui [)lus siuq)le (jue rapj)lication méthodique de ce principe à Tétude des échanges nutritifs, mais Taccpii- sition de cette notion n'en marque pas moins une des étapes les ])liis importantes dans Thistoire des sciences l)iologi(|ues. Conçue déjà par Lavoisier et nettement énoncée par ce grand chimiste, la méthode en question reçut tout son développement entre les mains de BoussingauU, de Liehig, qui l'appliquèrent à l'étude de l'ensemble des phénomènes de nutrition chez les animaux et les végétaux. Si l'on pouvait exprimer par une vaste équation Tcnseinhle des trans- formations chimiques qui conduisent des matériaux organiques alimen- taires à leurs déchets, on ne représenterait de la sorte, connue il arrive du reste pour toute équation chimique, qu'un côté du phénomène, celui qui est relatif aux masses réagissantes. Cette équation ne rendrait pas compte du côté thermique de ces réactions, c'est-à-dire des transfoDUd- tions cVénergie, qui sont corrélatives avec ces métamorphoses chimiques. En effet, les édihces organiques complexes, albumines, graisses, hydrates de carbone, qui se défont dans rorganisme animal, ont été construits avec absorption de chaleur. Leur formation est endothermique, c'est- à-dire qu'elle correspond à Vaceumulation dans tes matériaux ainsi formés d'une certaine somme d'énergie, dont on rappellera l'origine dans un instant. Au contraire, la décomposition de ces matériaux est exothermiqne \ à mesure que les édihces moléculaires ainsi construits subissent la désagrégation progressive, à mesure que, lixant de l'oxygène, ils descendent degré par degré l'échelle des destructions, Vénerqie accu- mutée en eux redevient libre et disponible. On touche ici à la source de toute activité vitale. C'est cette énergie libé- rée au cours de la dislocation des principes immédiats organiques qui est utilisée par les organismes pour l'accomplissement de leurs actes vitaux. Toute manifestation vitale, à la considérer au point de vue physico- chimique, présente ce double aspect : elle est, d'une part, une dépense d'énergie; elle s'accompagne, d'autre part, d'une désagrégation plus ou moins profonde des matériaux organiques dont dispose Tètre vivant. Celui-ci fait descendre à une partie de ces substances l'échelle des des- tructions, et il utilise pour l'acte vital qu'il doit accomplir l'énergie qui lui est fournie par cette transformation chimique. Cette énergie est dépensée sous des formes diverses. Si nous consid(''- rons d'abord l'animal, nous voyons qu'il exécute un certain nombi e (h' travaux mécaniques, ceux qu'il accomplit, par exemple, en vue de l;'. poursuite de ses aliments. Il dépense en outre pour le maintien de sa température une certaine quantité de chaleur. Dans ses muscles et dans](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20416076_003_0014.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)