Volume 3
Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger.
- Bouchard, Ch. (Charles), 1837-1915.
- Date:
- 1895-1903
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Credit: Traité de pathologie générale / publié par Ch. Bouchard ; secrétaire de la rédaction, G.-H. Roger. Source: Wellcome Collection.
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![Quelques-uns de ces problèmes sont à ])eine ])osés, encoïc moins résolus, et, dans certaines parties de nos connaissances sur la nuli'ition, ces lacunes sont si nombreuses (ju'il ne leste phis (pic des l'ails épars et sans lien logique entre eux. 11 y a là certes, aux pi ogrès de la médecine, un sérieux obstacle. Mais ce qui est peut-être plus grave encore, c'est (jue cet obstacle ne soit pas en général plus vivement senti ; ce qui frappe, c'est la quiétude avec laquelle, dans re\j)lication de tant de pbénomènes morbides, on passe par-dessus ces insuffisances et ces lacunes, alors (pfelles impliquent si souvent, pour tous ceux qui veulent alh'r fond des choses, un obstacle presque absolu à toute explication séricMise. C/est le grand mérite de M. Bouchard et de son école d'avoir, par l'étude des altérations de la nutrition, replacé dans une certaine mesure cette génération médicale en face du problème cbimirpie des échanges nutritifs, et d'avoir montré, à une époque où le brillant développement de la microbie attirait et retenait déjà prescpie tous les efforts, tout ce que la médecine est en droit d'attendre, comme aussi tout ce (pii hii manque encore de ce côté. CHAPITRE PREMIER NOTIONS GÉNÉRALES SUR LES TRANSFORMATIONS DE LA MATIÈRE ET DE L ÉNERGIE CHEZ LES ÊTRES VIVANTS Les organismes sont dans toutes leurs parties en état de constant renouvellement. Cette permanence dans les formes et dans la couq)osition chimique que nous révèlent l'étude morphologique et l'analyse immédiate des tissus n'est, en effet, que l'apparence extérieure des choses. La réalité est une succession ininterrompue d'écroulements et de restitutions, d'usures et de réparations. C'est que, d'une part, l'activité fonctionnelle des êtres vivants a pour condition nécessaire l'usure des tissus, et celle-ci aboutit à la ])roduction de déchets qui sont déversés au dehors; d'autre part, ces pertes sont sans cesse réparées par l'apport de matériaux nou- veaux venus du dehors et adaptés à l'organisme par le travail de répara- tion. On saisit donc, suivant l'expression de Cl. Bernard, comme « un courant de matière qui traverse incessamment l'organisme et le renou- velle dans sa substance en le maintenant dans sa forme ». Ces deux opérations de destruction et de réjiaration résument tout le travail de la nutrition. Ou peut même dire qu'elles résument la vie tout entière, car à travers l'inhnie variété des formes du monde animal et végétal, ce double courant d'assimilation et de désassimilation nous appa-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20416076_003_0012.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)