Le savant du foyer, ou, Notions scientifiques sur les objects usuels de la vie : ouvrage à l'usage de la jeunesse / par Louis Figuier.
- Figuier, Louis, 1819-1894.
- Date:
- 1862
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Credit: Le savant du foyer, ou, Notions scientifiques sur les objects usuels de la vie : ouvrage à l'usage de la jeunesse / par Louis Figuier. Source: Wellcome Collection.
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![]a pression de l'air, un poids de dix-sept mille kilogrammes. Le savant Haiiy, en rapportant ce dernier calcul, ajoutait spirituel- lement : a Voilà pourtant de quel poids étaient chargés les anciens philosophes qui niaient la pesanteur de l'air! » Mais nos jeunes lecteurs s'inquiètent peut-être de ce poids énorme que leurs épaules ont à supporter; ou bien encore, d'après l'aisance et la liberté de leurs mouvements, ils sont dis- posés à tenir en quelque suspicion ce résultat de la science : hâtons-nous de les rassurer. Si l'air presse au dehors de notre corps, il presse de môme au dedans. Dans nos poumons, dans l'intérieur des vaisseaux sanguins qui parcourent l'intimité de nos organes, l'air extérieur pénètre librement, avec la pression qui lui est naturelle. Pressés au dedans aussi bien qu'au dehors, en d'autres termes, soumis à deux pressions égales qui se font équilibre, nos organes ne doivent nullement souffrir. Le pois- son qui nage au sein des eaux profondes, supporte également, à la partie supérieure de son corps, le poids d'une haule colonne d'eau; mais, par sa surface inférieure, il reçoit une pression presque égale, et ces deux pressions s'équilibrent ou se détrui- sent l'une l'autre. Voilà pourquoi l'homme baigné dans l'air, comme le poisson immergé sous les eaux, n'ont rien à redouter de la pression des fluides dans lesquels ils s'agitent avec une en- tière liberté de mouvements, et sans avoir aucune conscience d'une action physique qui, pour être mise en lumière, réclame le concours d'une science précise. Comme preuve à l'appui de ce qui précède, ajoutons que lors- qu'on s'élève sur une haute montagne, ou qu'on s'élance dans un aérostat vers des régions très-élevées de l'atmosphère, on perd le bénéfice de cet équilibre normal entre les pressions extérieure et intérieure qui s'exercent sur nos organes. A mesure, en effet, que l'on monte dans l'atmosphère, on pénètre dans des couches d'air de plus en plus légères, et qui produisent une pression beaucoup plus faible; mais l'air resté dans les poumons et dans les autres parties du corps a conservé, au contraire, sa môme pression; dès lors il presse à l'intérieur des organes plus forte- ment que l'atmosphère raréfiée où se trouve l'individu. De là résulte une gône dans la respiration; le sang n'étant plus retenu suffisamment par le poids de l'air dans l'intérieur des vaisseaux, s'en échappe en partie; il s'écoule par le nez, la bouche, les](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21496420_0022.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)