Volume 1
Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne / de Pierre Richelet, nouvelle édition, augmentée d'un très-grand nombre d'articles [by C.P. Goujet].
- Richelet, Pierre, 1626-1698.
- Date:
- 1759
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne / de Pierre Richelet, nouvelle édition, augmentée d'un très-grand nombre d'articles [by C.P. Goujet]. Source: Wellcome Collection.
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![les Médecins donnent au fécond mufcle des yeux qui les fait mouvoir en bas. Abalourdïr , ou Abafourdir , félon Danet ; vieux verbe a&if dans notre Langue , & d’ufage feulement parmi le peuple. Ferbisprotelare. C’eft abrutir quelqu’un à force de crier après lui & de le reprendre, ou l’abatre &: l’étourdir par quelque grand coup. Il l’a abafourdi du coup qu’il lui a donné. Abandon, f. m. [ Dereliclio, defitutio. ] Ce mot vient de l’Italien Abbandono , ou des mots ad bandum , de la baffe Latinité , qui lignifient, à la volonté; & il lignifie abandonne¬ ment, délaijfement ; mais abandon ainli pris, n’eft plus guère ufité. ( Dans un tel abandon , leur fombre inquiétude Ne voit d’autre recours que le métier de prude.' Mol. Tart. a. i.fc. i. ) Nos peres ont dit landon , pour volonté; témoin le Roman de la Rofe: ( Moult euft largefle pris & lots, Les fages avoit, & les fols, Communément à fon bandon. ) On peut donc dire qu’abandonner une chofe , c’eft la Iaifler à la volonté & à la difpofition du premier occupant. A l'abandon , adv. [ Negleclus. Direptloni permifus , datus. ] Au pillage, dans l’abandon- nement. ( Laiffer tout à l’abandon, AH. Luc. Mettre tout à l’abandon , Abl. Arr. Tout étoit au pillage & à l’abandon. Faugel. Quint. I. J. ) ABANDONNEMENT,/ m. [ DiJJolutio effrænatio. ] Défordre, déréglement, débauche, proftitution. ( Être dans le dernier abandonne¬ ront. ) Se repentir de fon abandonnement. Avant que Néron fe fût laiffé aller à cet aban¬ donnement , perfonne ne lui étoit fi agréable que Pétrone. S. Evrcmont. Abandonnement, f. m. [ Defertio , dereliclio. ] Aéte de la perfonne qui abandonne. ( Faire un abandonnement de tous fes biens. Le Mait.') Il n’y a de différence entre la cefiion de biens, & l’abandonnement, qu’en ce que la cefiion eft faite en juftice , & l’abandonnement fe fait par un contrat particulier. D’ailleurs, par la cefiion faite en juftice, le débiteur oblige fes créanciers d’accepter le peu de biens qu’il leur cède ; & quand l’abandonnement eft fait hors jugement, il faut qu’il foit accepté du moins des trois quarts de la créance commune ; fuivant l’article 6 du titre io de l’Ordonnance de 1673 : mais cet abandonnement ne préjudicie point aux privi¬ lèges , & aux hypothèques des créanciers , comme il eft décidé dans l’article 8 du même titre. Abandonnement eft. quelquefois Sinonyme avec déguerpiffement, & délaiffement d’un fonds fin- chargé d’une rente foncière excefîive. ABANDONNER , V. a. [ Relinquere, deferere. ^ Ce mot vient de l’Italien abbandonare ; c’eft laiffer , c’eft quiter entièrement. ( Henri IV voyant un Médecin Huguenot qui abandonnoit fa Religion, dit à un Seigneur Huguenot : Mon ami, ta Religion eft bien malade , puifque les Médecins l’abandonnent. Pérefixe, Hijloire de Henri IF. Abandonner les armes. Abl. Tac. Abandonner l’étude. Fie de Dom Barthelemi des Martyrs. ) Abandonner ,v. a. [ Alteriuspotejlatiptrmittere. ] Laiffer entièrement à la difpofition d’un autre. ( Nous la renonçons & l’abandonnons à votre colere. Mol. George Dandin. Eft-ce aimer une maîtreffe que de l’abandonner à tout le monde } Abl. Luc. ) Abandonner, v. a. [Cedere. ] C’eft laiffer à la merci de quelcun. ( Abandonner fes biens à fes créanciers. Abandonner un Eccléfiaftique au bras féculier. Abandonner ,v. a. [ Direptioni, mince.permittere , dare. ] Laiffer en proye. ( Abandonner une ville au pillage. Abl. Tac. ) On dit aufli Abandonner un Vaiffeau à la merci des vents & des flots ; abandonner fon Cœur à l’amour, aux pallions, à la féduftion du monde ; abandonner la vertu, le chemin du falut, abandonner un deffein, un ami, &c. Abandonner l'oifeau. Terme de Fauconier. C’eft mettre l’oifeau bien en campagne, ou le congédier, le lâcher. Abandonner, v. a. &C. N'abandonnepas les étriez. [Utere fortund.'] Proverbe, pour dire. Ne quittez pas les avantages que vous avez. S'abandonner , v. r. Je m'abandonne , je me fuis abandonné , je m'abandonnai. [ Traders Je , committere fe. ] Se donner entièrement à quelque chofe, fe rendre comme efclave de la chofe à laquelle on s’abandonne, fe donner entièrement & aveuglement, fe proftituer. ( S’abandonner à toutes fortes de vices. Abl. Luc. tom. 1. S’abandonner au défefpoir , à la haine , à la colère. Abl. Luc. S’abandonner à faire l’amour, M. de la Rochefoucauld. Fais ce que tu voudras, je m’abandonne à toi; Dans le trouble où je luis, je ne puis rien pour moi.' S'abandonner. [ Se tradere voluptati ,fe fubjicere. J Ce mot qui marque ordinairement un tranfport honteux, fe prend aufli quelquefois en bonne, part. ( S’abandonner à la joie. L’elprit plein de contentement, S’abandonne au ravinement. Foit. Po'éfl Abandonné , abandonnée , part. [ Defertus \ incultus, defruclus, ] ( Pais abandonné , ville abandonnée. Abl. Une caufe abandonnée. Per¬ fonne n’eft affez abandonné de Dieu pour cela. ) Abandonné , abandonnée , adj. [ Adf rictus > fub/eclus, fervus. ] Ce mot lignifie celui, ou celle , qui eft tellement abandonné à quelque chofe , qu’il en eft comme efclave ; qui s’elt donné entièrement, & livré tout à fait à quelque chofe, & qui s’eft commeproftitué. (Abandonné à fes defirs , à fes pallions, à fes plaifirs, au vice, au libertinage. ) Il lignifie aufli celui qui fe porte dans l’excès J qui ne garde plus de mefure, & ne fuit que fa paflion. ( Il faut que vous pafliez pour les plus abandonnez calomniateurs qui furent jamais.1 Pafc. let. 16. Abandonnée , f. f. [ Depravata , perdita j profiigata. ] Fille ou femme de mauvaife vie. ( Je ne veux point brûler pour nne abandonnée. Mol. J S^jP Abandonner au bras féculier. L’Eglife nC pouvant condamner les coupables à une pein» affliftive, ni faire exécuter fes jugemens, n’ayant point de territoire, elle eft obligée de renvoier les Clercs au bras féculier, c’eft-à-dire, au Magiftrat qui a la Jurifdittion du glaive, pour 1](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30454748_0001_0012.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)