Volume 1
Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne / de Pierre Richelet, nouvelle édition, augmentée d'un très-grand nombre d'articles [by C.P. Goujet].
- Richelet, Pierre, 1626-1698.
- Date:
- 1759
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne / de Pierre Richelet, nouvelle édition, augmentée d'un très-grand nombre d'articles [by C.P. Goujet]. Source: Wellcome Collection.
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![AB A. ÂBADA,/m. Animal fauvage, qui le trouve en la baffe Ethiopie. Sa tête eft femblable à celle d'un cheval ; fon crin eft peu diférent ; fa queue reffemble à celle d’un beuf, mais moins longue ; il a les piez fendus comme le cerf, mais plus gros. Il a deux cornes, l’une fur le front, l’autre fur la nuque. Les Nègres font un remede de fa corne. A b A d d o N. On trouve ce mot dans le Livre de l’Apocalypfe, pour fignifier le Roi des fauterelles , un efprit infernal , un efprit deftru&eur. A b ad IR. Terme de Mythologie. C’eft le nom de la pierre qu’Ops ou Rhée , femme de Saturne , lui donna à dévorer, au lieu de l’enfant dont elle étoit acouchée. Abaïe, (Abbaye,) f. f Prononcei Abéie, en Latin Abbatia. C’eft un lieu érigé en Prélature, où vivent des Religieux , ou des Religieufes, fous l’autorité d’un Abé , ou d’une Abeffe , & qui a du revenu pour les faire fublïfter , lans fonger à autre chofe qu’à leur l'alut, & à chanter les louanges de Dieu. ( Une bonne Abaïe , une riche Abaïe , une grande Abaïe , une petite Abaïe , une belle Abaïe, une Abaïe conlidé- rable. Abaïe en Régie , en Commande. ) Les plus puiffantes Abaïes lont en Alemagne. Depuis le Concordat, le Roi de France nomme à toutes les Abaïes , excepté à celles qui font Chefs- d’Ordre ; comme Cluny, Cîteaux , Prémontré , &c. Autrefois les Maires du Palais donnoient toutes les Abaïes du Royaume. ( Avoir une Abaïe , obtenir une Abaïe , conférer une Abaïe. ) Abaïe en régie : c’eft celle qui pour fupérieur ou fuperieure a un Abé ou une Abeffe , qui fuit la même régie , les mêmes obfervances que le Monaftére auquel cet Abé ou cette Abeffe, préiïde. Abaïe en commande : c’eft celle qui a pour Abé un Eccléfiaftique Séculier, à qui les Moines font une manie féparée, ôc qui n’a point d’au¬ torité fpirituelle pour le gouvernement dudit Monaftére. Abaïer. Voyez Aboïer. Abajour, (Abat-jour.) / m. [Fenefira declivisj Terme d'Architecture, fenêtre enformede foûpirail, pour recevoir le jour d’en haut. Difons un -peu plus clairement , apres Daviler , que l’Abajour dit uneefpéce de fenêtre en manière de grand ïoûpirail, dont l’embrafement de l’apui eft en talus pour recevoir le jour d’en haut. L’Abajour lert a éclairer les étages, les fouterrains & les ofices. Les Marchands d’étofes ont d’ordinaire ■des fenêtres en Abajonr. La lumière fombre efface moins le luftre des étofes, & les fait paroître avantageuiemcnt. On appelle aufti Abajour, la fermeture en glacis d’un vitrail d’Eglife ou de Dôme, qui fe fait pour en racorder & réunir ,1a décoration intérieure avec l’extérieure. Il y a une troiftéme forte d'Abajours aujourd’hui /oit communs , & d’une invention très-récente. Ce font des chaftis de bois compofés de petites planches féparées par intervalles, mais polees en talus , de telle manière que le foleil n’y fauroit pénétrer. Il y a de ces Abajours qui fe ■baiffent & qui fe lèvent comme des ftores. Dictionnaire de Peinture & d'Architecture. Abajour. Terme de Botanique. Onapelle ainll certaines lucarnes qui fe trouvent fous le -chapiteau du fruit de certains pavots, parce qu’elles éclairent les loges de ces fruits,. A B A. 3 Abaisse,// Terme de Pati[jîer. Pâte qui fait le deffous de la pièce de pâtifferie. ( Faire une Abaijft. ) Abaijfé, adjecl. Terme de Blafon. On le dit proprement du vol des Aigles , & en général du vol des oifeaux, qu’on repréfente d’ordinaire ouvert & étendu , enforte que le bout des ailes tende vers le chef de l’écu. Mais lorfque ce bout regarde vers la pointe de l’écu , ou que les ailes font pliées, on l’apelle vol abaijfé. On dit encore un pal, un chevron abaifle, une bande abaiffée , &c. Abaisser , v. a. Prononcez abejfer. \fDeprimereé\ Mettre plus bas une chofe qui étoit plus haut. ( Abaiffer un pont-levis. Abl. ) Abaiffer une lanterne. Abaijfer. Oter de la hauteur. ( Abaiffer une muraille de deux piez. ) * Abaijfer. [ Deponere. ] Ravaler , humilier. ( Dieu abaiffe l’un & éleve l’autre. Abaiffer les ennemis de l’Eglife. Abaiffer l’orgueil de Cartage. Vaugel. Quint. I. io. L’habitation terreftre abaifle l’efprit. Nicole , Ejf. t. z. ) Abaijfer l'oifeau. Terme de Fauconnerie. C’eft lorfqu’on lui ôte une partie de fon pât ordinaire , afin qu’il loit en état de mieux voler. Abaijfer. Terme de Jardinier. C’eft couper une branche près du tronc, pour rendre celui-ci plus vigoureux. S’ABAISSER, ver. r. Devenir plus bas ; être plus bas. [ Abjicere fe. ] Je rn abaijfé , je me fuis abaijfé , je m'abaijai , je m'abaijerai. (Le pais eft rempli de montagnes qui s’abaiffent peu à peu. Abl. Tac. Ger. c. z. La rivière s’abaifle. Les parties de l’eau qui font élevées dans les vagues, s’abaiffent pour revenir à leur niveau.. Perrault, Z. 2. ) * S'abaifer. Se ravaler. ( L’humilité n’eft: fouvent qu’un artifice de l’orgueil qui s’abaiffe pour s’élever. * S'abaijfer. C’eft-à-dire , s'humilier, s'incliner avec refpecl. ( L’homme s’abaiffera devant celui qui l’a créé , & il ne s’abaiffera plus devant les autels qu’il avoit faits de fes mains. Saci, Ifaïe. c. 7-) Abaissement, f. m. [ Deprejfo. ] Ce mot a un ufage fort borné au propre. C’eft la manière d’être d’une chofe qui eft plus baffe qu’elle n’étoit. ( La confidence eft 1 'abaijfement des chofes qui font apuïées les unes fur les autres. Perrault , Ejf ai s de P hyfi que , t. J. L’abaiffement de ce mur a donné du jour à cette maifon.) * Abaijfement. Humiliation , profternation ; aélion d’une perfonne qui s’abaiffe pour fuplier > ou pour donner quelques marques de fes refpeéis. [ Uemijjio, fubmijfio. ] ( L’orgueil humain eft bien aife de jouir de la grandeur par l’abaiffement des autres. Ce trille abaiflement convient a ma fortune. Racine, Iphigeme , a. 3.fc. f. ) * Abaijfement. Diminution de crédit , ou d’honneur , forte de difgrace. ( Il déchiré la réputation de ces grands hommes , comme fl leur abaiffement contribuoit quelque choie a fa gloire. Abl. Luc. tom. z. Dans fon abaiffement il vit fans efpérance. Main. Poëf. ) Abaisseur,/zzz. [ A b du cio r. ] Epitéte que A ij](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30454748_0001_0011.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)