Volume 1
Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne / de Pierre Richelet, nouvelle édition, augmentée d'un très-grand nombre d'articles [by C.P. Goujet].
- Richelet, Pierre, 1626-1698.
- Date:
- 1759
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne / de Pierre Richelet, nouvelle édition, augmentée d'un très-grand nombre d'articles [by C.P. Goujet]. Source: Wellcome Collection.
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![2. A A, cette Particule fignifîe qui a : C’eft à préfent un homme à carrofle; il y a quelque tems, ce n’étoit qu’un miterable. A, cette Particule te met pour , que l'on doit : C’eft une chofe à dire , à faire , à taire ; c’eft- à-dire , qu’on doit dire , qu’on doit faire , ou qu’on doit taire. A, cette Particule marque la manière dont le corps eft fitué ( Etre à genoux , Etre à mains jointes , A recalons. A , cette Particule jointe au verbe laiffer , avec un autre, fe met au lieu de par. ( Il y a beaucoup de perfonnes qui ne fe laiffent point emporter à l’ambition. Sentimens de VAcadémie Françoifc fur le Cid. Laiflez-vous , mon Dieu, fléchir à mes prières. Godeau, Œuvres Chrétiennes. A , cette Particule marque la fituation des chofes, ou des perfonnes. ( il eft à droit, il eft à gauche. A, Particule, qui dcftgne le tems. ( Il fera demain à huit heures au Licée. Abl. Luc. ) A jour préfix. A , Particule , qui marque la diftance du lieu. ( Il eft à cent pas, il eft à dix lieues. ) Et celle du tems. ( A cent ans d'ici. ) A, Particule , qui fert à marquer à quoi une chofe eft propre. Moulin à papier. A , Particule , qui fignifîe après. Poil à poil, c’eft comme f l’on difoit, poil après poil. A, Particule, qui étant jointe à ces mots ce que, fignifie félon. ( Vous vous portez bien, à ce que je vois. Mol. Scapin. a. l.fc. 4. ) On dit auflî, à mon avis , à votre compte. A , Article , qui marque le datif f ngulier, ou pluriel ; cet a , article, aufti - bien qu’a, particule , ou prépofition, doit être marqué d’un accent grave, pourvu qu’il ne commence pas un vers, ou une période. ( La terre & tout ce qu’elle contient, etl: à Dieu. Le Seigneur découvre fes fecrets à ceux qui le craignent. PJèaumes de David. ) A, Prépofition , qui défgne quelque repos , ou quelque mouvement local. A la maifon. ( Saint Auguftin a tenu école de Rétorique à Cartage. Saint Auguftin , après fa converfton , fe retira à la campagne. ) & On dit : Moniteur eft à la ville, pour marquer qu’il n’eft pas à la campagne ; Monfîeur eft en ville, pour marquer , qu’il n’eft pas au logis. Bouhours, Remarq. Il faut encore obferver, que lors qu’il s’agit d’une ftmple demeure , on dit, par exemple : Il efl à Paris, à Lyon. En d’autres cas, on fe fert de dans : On Va cherché dans tout Paris. Les uns difent , Il n'y a perfonne dans Paris que j'eflime plus que vous ; les autres , il ny a perfonne à Paris que, &c. dans paroît meilleur au P. Bouhours. A , Particule, qui fe met devant les noms, & devant les infinitifs des verbes. ( C’eft à vous , mon Dieu, à juger les peuples. Pfeaumes.') A, Particule qui fe met au lieu de la prépoli- tion avec. ( Peindre à l’huile. C'efl-à-dire, avec de Vhuile. A grand’peine , à regret, à petit bruit. Chapeau à grands bords. ) A, Particule, qui fe met avec un nom , au lieu de la prépofition pour. Baril à verjus. C'efl- à-dire , pour mettre du verjus. Baril à moutarde ; corbeille à pain , à farine. Pot à l’eau, à traire les vaches. Prendre à témoin, à garant. A, Particule , qui fe met devant un infinitif, au lieu de pour , ou d'afin, ( Maître à danfer; AA. AB. A B A. c'efl- à- dire , pour aprendre à danjèr. Bois à brûler. Fer d raturer. A vous dire la vérité , il y a peu de chofes qui me foient impoiïîbles. Moliere , Scapin. a. l. fc. 2. Je fuis homme d ne contraindre perfonne. Moliere , Mari forcé, fc. 8. Je fuis homme d traiter les chofes dans la douceur, fc. cj. A , Particule , qui étant mife devant un adjeftif, fignifîe manière, façon. (Vêtu d la Françoife. A voiles déploïées , d la hâte.) A , Particule , qui fe met au lieu de la prépofition par. ( Qu’on fafte déchirer ce lacri- lége d la Chimère. Abl. Luc. tom. 1. ) A, Particule, qui fe met au lieu d'environ. ( Ils marchoient dans la nége haute de cinq d fix pieds. A , troifïéme perfonne du verbe avoir. Cet a ne fe marque d’aucun accent ; afin de le diftinguer des a qui font articles , particules , ou prépofitions. fit A pour en. Voici l’obfervation du P. Bou¬ hours. En l'honneur , ou d l'honneur , tous deux fe difent. En l'honneur eft plus commun : Chanter des Hymnes en l'honneur de Dieu ; bâtir une Eglife en l'honneur d'un Saint. Le héros de Virgile , célébra des jeux en Vhonneur de fonpere. Les Latins difent, in honorem; & c’eft , peut-être, à leur imitation, que nous difons , en l'honneur. A l'honneur eft plus noble , & plus foutenu. L'envie qu'ils port oient naturellement aux Grands , leur en fit trouver l'invention agréable ; tellement qu'après avoir long-tems batu des mains à l'hon¬ neur du Poète , ils commandèrent tout haut aux Juges de lui donner le prix , dit Charpentier en parlant de la Comédie d’Ariftophane , qui joua Socrate en fa préfence. Benferade dit au Cardinal Mazarin, lors que ce Miniftre revint à la Cour , apres que les troubles qui l’avoient contraint de fortir du Royaume , furent appaifez : Je vous exalterois en termes plus puilTans ; Mais défaccoutumé que vous êtes d’encens , Des vers à votre honneur, vous fembleroient étranges. On dit de même , d la louange, à la gloire du Roi. Mais on ne dit point , en fa louange , ou en fa gloire , comme on dit, en fon honneur. A A. A A. Signe dont les Chimiftes fe fervent pour lignifier , Amalgamer , Amalgamation & Amalgame. A B. Ab,/. Neuvième mois de l’année civile , félon le calcul des.Hébreux, & le 5*. de leur année Eccléfiaftique : il eft de 30 jours , 8c répond à notre mois de Juillet. A B A. AbA,(AbBA,)/ m. PERE. [ Pater. ] Mot Hébreu, & le titre que les Eglifes de Syrie donnoient à leurs Evêques. A B A c A, efpéce de lin qui croît dans les Iftes.' Abaco,//7z. [ Abacus. ] Ital. Abaco. Terme d'Aritmètique. Table où l’on gravoit des nom¬ bres , pour aprendre l’Aritmétique. Les Anciens s’en fervoient. Les Italiens difent Abaco pour exprimer une petite table polie fur laquelle on trace des figures & des nombres. Les Romains donnoient auiïi le nom d'Abacus à leurs buffets. A B A C O T,/ m. On appelloit ainft une efpéce de parure qui avoit la forme de deux Couronnes , & qui ornoit la tête des Rois d’Angleterre.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30454748_0001_0010.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)