Observations et reflexions propres à confirmer ce qui est avancé par Mrs. Chicoyneau, Verny et Soulier, etc / [François Chicoyneau].
- Chicoyneau, François, 1672-1752
- Date:
- [1721?]
Licence: Public Domain Mark
Credit: Observations et reflexions propres à confirmer ce qui est avancé par Mrs. Chicoyneau, Verny et Soulier, etc / [François Chicoyneau]. Source: Wellcome Collection.
8/40 (page 8)
![\ • - ♦ * r ' ■ . ’ ■ • * .. * pendant deux jours avant fa mort, ayant par toute l’habitude du corps nombre détachés pourprées, la face livide , & un Bubon très-confidcrable fur la gaine des vaifleaux cruraux de la cuifle gauche. J’ouvris d’abord la tête à la maniéré ordinaire, & d’entrée oous vîmes tous les vaiiîeaux & finus de la dure mere fort gonflez , remplis d’un fang noir & fort épais , les arteres qui forment la feuille de figuier étoient quafi de la grofléur d’une plume à écrire: après avoir eflùyé la furface extérieure de la dure mere, elle parut toute marquetée d’une infinité de taches pourprées femblables à des-piqueurcs de puce i la partie poflerieure de cette membrane étoit prefque toute gangrenée. La dure mere otée, tous les vaifleatix qui fe diftribuenr à la pie mere, à la troifiéme tunique deridley , à la furface & aux differentes circonvolutions du cerveau, étoient très-gonflez , & remplis d’un fang de même nature. # . Ayantenfuite fonlevé le cerveau pour le tirer de place , & les nerfs olfa&oires étant coupez, les arteres carotides étoient fi gonflées, qu’elles dévoient neceilnirement comprimer les nerfs optiques, ce qui fans dou.r te avoit caufé la perte de la vue, qui affligea le malade vingt-quatre heures avant fil mort. Le cerveau étant entièrement féparé , & fia fubftance divifiee en plufieurs lambaux , tous les vaifleainç, qu’on n’apperçoit qu’à peine dans l’état naturel, étoient très-fénfîbles j en forte que de l’inccrieur de toute cette fubftance on voyoit fortir plufieurs goutelétes de fang, & que dans la furface de fes divers plans on remarquoit nombre de taches pourprées. Je fis enfuite l’ouverture de la poitrine , où tout parut dans un état aflez naturel, excepte que les lobes, du poulmon étoient parfemez de plufieurs taches noires. Enfin le bas-ventre étant ouvert, le foye parut, comme dans les cadavres prccedens , plus gros & plus, gonflé qu’à l’ordinaire, couvert d’un grand nombre de petites taches livides , la veffle du fiel remplie d une. bile vèrdàtre , tirant fur le noir , l’eftomach plein d’un fang noirâtre, fi puant > que les exhalaifons qui fortoient du creux de cette partie, étoient d’une odeur abominable. Quatrième Cadavre. D’abord après l’ouverture précédente, je fis aufli celle d’une jeune fille de iC. ans, dont la maladie, ca- raélerifée par les accidens ordinaires , & par deux Bubons aux aines , avoit dure fîx jours : toutes les trois régions nous parurent fort peu altérées *, les vaifleaux du cerveau tant foit peu plus gonflez que dans 1 état naturel \ le cœur & le foye plus gros qu’ils ne doivent l’etre y la veffle du fiel, 1 eftomach & les inteftins rem¬ plis d’une bile verdâtre. Cinquième Cadavre. Les deux dernieres ouvertures furent faites le 22. du même mois. . # ^ La première d’un hommed’envîron trente ans, malade depuis huit jours, & depuis le ?. attaque d tin délire phrenetique qui dura jufqu’à la mort, ayant deux petits Bubons aux aines , que nous ouvrîmes d cr-, bord pour examiner les glandes tuméfiées j elles parurent gangrenées comme celles des cadavres prece- dens, auffl-bien que la chair du voifinage. ' . ‘ Ayant enfuite ouvert le crâne, les membranes du cerveau marqtioientpar leur noirceur & lividité avoir été enflâmées avec un commencement de gangrener le finus & les autres vaifleaux de ces envelopes étoient. remplis d’un fimg noirâtre j tous les vaifleaux qui arrofent la furface extérieure , auffl-bien que ceux qui fe diftribuent dans la fubftance intérieure, gonflez & tres-fenfîbles. a v Dans la poitrine nous obfervâmes la partie poflerieure des poulmons enflamee & tendante a gangrené, le volume du cœur fort augmenté , fes ventricules fort dilatez, & gorgez d un fang épais & noirâtre. Dans le bas-ventre, le foye d’une grofléur confîderable, la veffle du fiel &l’eftomaçh remplis,d une bile verdâtre. Sixième Cadavre. Ce fixiéme étoit celui d’un homme dans l’age decotififtance, dont la maladie ne dura que trois jours, St qui, outre les accidens communs delà Pcfte, avoir été deux jours dans le délire. Dans la tête,la dure & pie mere parurent auffi livides & enflâmées que dans le cadavre precedent,les finus & tous les vaifleaux tant intérieurs qu’exterieurs fort gonflez ,& gorgez d’un fang de même nature-, c’eft-à- dire, noir & épais. . . _ . r . . La poitrine ouverte fît voir les poulmons affedez par une inflamrfTation gangtencuic, qiu penetroit leur fubftance intérieure ; le cœur plus dilaté & plus gros que dans 1 état naturel. , . . . Enfin i’interieur du bas ventre nous prefenta auffl un foye d’une grofléur & d une ctendue qui excedoient notablement la mefure ordinaire -, la veffle du fiel, l’eftomach & les inteftins étoient remplis d’une bile ver¬ dâtre* mais ce qu’il y eut de fingulier dans ces deux dermeres parties , étoit que leurs tuniques intérieures étoient marquetées de plufieurs tâches pourprées , ou d’un rouge pale & fonce. Réflexions fur Us faits principaux obferveT^fa ces ouvertures. TOus les faits, tant communs que particuliers, obfervez àl’ouverture de ces cadavres,, examinez & ]di- serez avec un peu d’attention par desefprits qui ne foient pas jrop occupez des idées de Contagion , peuvent fans doute être de quelque utilité pou* l’intelligence des caufes d’un fi terrible mal, du moins de](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b31904300_0008.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)