Volume 3
Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris / par N.J.B.G. Guibourt.
- Guibourt, N.-J.-B.-G. (Nicolas Jean Baptiste Gaston), 1790-1867.
- Date:
- 1869-1870
Licence: Public Domain Mark
Credit: Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris / par N.J.B.G. Guibourt. Source: Wellcome Collection.
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![lui de M. Hesse dilate la pupille, tandis que l’autre la contracte, il est à désirer que de nouvelles recherches soient entreprises sur la racine de la plante, de laquelle, probablement, le principe sera plus facile à retirer que des feuilles. [Dans sa thèse inaugurale à la faculté de médecine, M. E. Hot- tot (I) a montré que la racine était en efFet l’organe le plus actif de la plante. Il a ainsi étudié YAconitine qu'il a obtenue à un degré d’activité beaucoup plus considérable que celle du commerce. II lui attribue les caractères suivants : substance amorphe, en pou- dre blanche, très-légère, d’uneamertumetrès marquée, contenant 20 p. 100 d’eau, qu'elle perd en fondant à 85° : elle est alors jaune d’ambre, transparente. Elle est à peine soluble dans l’eau ; très-soluble dans l’alcool, l'éther, la benzine et le chloroforme. L’acide sulfurique la colore en jaune, puis en rouge-violet. Elle ramène au bleu la teinture de tournesol rougie par les acides et forme avec les acides des sels amorphes. A côté de l’aconitine, MM. T. et II. Smith (2) ont signalé un alcaloïde, cristallisant très-facilement, et qui paraît avoir la même formule que la narcotine. Ils l’ont nommée aconelline.] Aconit féroce, Aconitum ferox, Wallich. Celte plante croît dans le Népaul, aux lieux élevés de la chaîne de l’Hymalaya. Elle res- semble beaucoup à VAconitum Napellus par la couleur et la dispo- sition de ses fleurs, et par ses feuilles à 5 lobes palmés et pinnati- fides. La racine est également formée de un, deux ou trois tubercules ovoïdes allongés ou presque fusiformes, longs de 5, 5 à 11 centimètres, d'un brun noirâtre au dehors, blanchâtres à l’in- térieur; ils sont amylacés, inodores, d’une saveur âcre et amère, et renferment un Scs poisons les plus actifs du règne végétal, ainsi qu’il résulte des expériences du docteur Wallich et de M. J. Pereira. Un seul grain d’extrait alcoolique, introduit dans la ca- vité du péritoine d’un lapin, le tua en deux minutes; 2 grains in- troduits dans la veine jugulaire d’un fort chien l’ont tué en trois minutes. L’extrait introduit dans l’estomac agit beaucoup moins, et l’extrait aqueux est plus faible que l’alcoolique (3). Ce sont les racines de cet Aconitum ferox, ou bish, qui, en- voyées en 1863 comme jalap à Constantinople, y ont produit des empoisonnements nombreux (4).] % (1) E. Ilottot, Thèses de la Faculté de médecine de Paris. lSGi. (2) T. et H. Smith, Pharm. Journ. 2e série. V, 317. I8G3-64. (3) Journ. de chim. méd., 1830, p. CG2, et 1835, p. 109. (4) Voir Schroff, Eine hôchst geführliche Verweschslung der Jalapwürzcl (Zeilsch. der allgem osier. Apothcker-Vereines. Juni, 18G5). M. Guibourt avait rassemblé sur le bish de nombreux matériaux, pour Tin travail que la mort est venue interrompre et dont il n’avait pu malheureusement écrire que quelques pages d’introduction.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28124005_0003_0768.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)