Un "serviteur apothicaire" au XVIIIe siècle: Maslin cadet, d'Angers (1779) / [Paul Dorveaux].
- Dorveaux, Paul, 1851-1938.
- Date:
- 1920
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Credit: Un "serviteur apothicaire" au XVIIIe siècle: Maslin cadet, d'Angers (1779) / [Paul Dorveaux]. Source: Wellcome Collection.
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![GUYER (sic) m’a bien dit que vous seriez sûrement condamnée ; mais l’affaire en restera là comme à Paris, et celui qui a eu ce mauvais pro¬ cédé à votre égard en sera pour sa peine et sa honte. L’arrêt de 1776 porte qu’une veuve ne peut jouir dans le commerce du droit de son mary que pendant un an si elle ne paye la moitié de ce qu’il en coûte pour la réception. La maîtrise à Paris est de 800 livres ; par concéquent il faut en donner 400, ce qui n’est pas trop juste. Je suis on ne peut plus fâché de ce contretemps, non pas pour la valeur de la chose, mais pour l’inquiétude que cela peut vous causer. Je vous assure que je voudrais être en état de pouvoir être reçu apoti- quaire pour pouvoir vous tranquiliser et vous aider dans vos travaux. On a raison de dire que l’apétit vient en mangeant ; je m’en aperçois dans mes occupations : plus j’ai d’ouvrage et plus j’en voudrais avoir. Mr PELISSIER a eu la bonté de parler pour moi à Mr BRONGNIARD 1 ; mais je ne sçais pas encore ce qui lui a été répondu. J’embrasse de tout mon cœur mes frères et sœurs. Bien des choses à Melle Petit. J’ai l’honneur d’être, avec le respect le plus profond, ma très chère mère, votre très humble et très obéissant serviteur et fils cadet. Paris, le 28 janvier 1779. , [Signé :] MASLIN. II. A Madame, Madame Vve MASLIN, Mde Epicière Droguiste, porte Chapelière, à Angers. Ma très chère Mère, Les informations que j’ai prises au sujet de ce dont vous m’aviez parlé a été cause que j’ai différé à vous donner avis de mon changement de boutique. J’espère y demeurer longtemps : il y a une dame et une demoiselle qui sont honnête au possible, autant que j’en puis juger pour le peu de temps qu’il y a que j’y suis. Je ne suis entré chez eux que de jeudy dernier huit jours. Je suis à la porte de Mr BENOIT, dans sa même rue : de ma boutique je vois la sienne. Le bourjois en entrant m’a dit que par considération pour mon cousin comme voisin, d n’auroit point balancé à me prendre ; mais Mr BECQUERET d’avec qui je suis très bien sorty, m’avoit lui même donné une lettre fort avantageuse pour ce monsieur. Je lui ai fait observé que voulant me perfectionner dans mon état, sa boutique ne pouvoit pas me convenir, vu qu’il n’y avoit pas assez d’occupation. 11 me parut satisfait des raisons que je lui donnai et s’offrit de me choisir une place qui me convint. Je suis seul ; par conséquent tout me passe par les mains. Les apoin- tements sont de neuf francs par mois ; mais loin de me faire 1 objection que me fit Mr BECQUERET, il me dit que je serais tout comme lui ; il m’a même forcé à rester au dessert. Je vous suis infiniment obligé de la pension que vous voulez bien me faire. Il eut été impossible que j’eusse pu suffire avec mes apointement 1. BRONGNIART (Antoine-Louis) était premier apothicaire du roi et prévôt perpé¬ tuel honoraire du Collège de Pharmacie. Quand il n’exerçait pas à la cour, il opérait à Paris, rue de la Harpe, où il avait officine ouverte.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30622438_0009.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)