Un "serviteur apothicaire" au XVIIIe siècle: Maslin cadet, d'Angers (1779) / [Paul Dorveaux].
- Dorveaux, Paul, 1851-1938.
- Date:
- 1920
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Credit: Un "serviteur apothicaire" au XVIIIe siècle: Maslin cadet, d'Angers (1779) / [Paul Dorveaux]. Source: Wellcome Collection.
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![à payer cordonnier, perruquier, blanchissage, qui montent à plus haut que mes apointements. il me faut tous les mois : une paire de souliers, 5 1. ; le perruquier, 3 L, et encore ne sui-je accomodé que trois fois la semaine ; mais dans nos boutiques pour la plus part, on exige d être accomodé. Le blanchissage se monte à 30 sols ou 3 1. par mois ; ainsi vous voyez que je n’aurais pu suffire. Je voudrais être dans le cas de ne vous rien couster. Je vous serais infiniment obligé sy. vous pouviez m’envoyer le petit pa¬ quet que vous m’avez promis. La paire de bas de soye blancs que j’ai, n’est presque pas portable. Si vous pouviez en avoir une un peu plus propre, je vous serais obligé : je n’ai aucune paire de bas de cotton. J’écris par la même occasion à mon oncle PARAGE. J’attends que vous m’ayez donné des nouvelles de mon oncle HARDY pour lui écrire. J’ai consulté Mr BECQUERET, mon ancien bourjois, pour ce qui regarde votre commerce. Il m’a dit qu’il n’y avoit aucun moyen de pouvoir réussir à vendre des drogues composées, même en payant ; le seul moyen à présent est d’être reçu apotiquaire. Notre Communauté est érigée en Collège depuis 18 mois, et les affaires se poussent grand train t; dn devoit même faire une visite ces jours derniers chez les épiciers. Mais vu qu’il n’y a point de statuts, vous pouvez toujours vendre comme vous avez fait jusqu’à présent. S’il y a quelque chose de nouveau, je vous le ferai savoir. J’embrasse de tout mon cœur mes frères et sœurs. Bien des assuran¬ ces de respects à Melle PETIT, ainsi qu’à Mr TONNELET. Mon adresse est : chez Mr DelaCOUR, apotiquaire du Roy, rue de la Bariîlerie, entre les deux portes du Palais, à Paris. J’ai l’honneur d’être avec le plus profond respect, ma très chère mère, votre très humble et très obéissant serviteur et fils cadet. Paris, le 22 avril 1779 et la 23e [année] de mon âge. [Signé :] MASLIN. Ces lettres, qui m’ont été données par mon compatriote et ancien condisciple, le P. CaRUEL S. J. L aumônier militaire à l’Hôtel des Invalides, sont remarquables par la grande affection et le pro¬ fond respect que MASLIN témoigne à sa mère, et par quelques par¬ ticularités dont la plus drôle est le titre de bourgeois qu’il donne à ses patrons : cette dénomination était, sous Louis XVI, comme de nos jours, donnée par les ouvriers aux maîtres qui les employaient. P. Dorveaux. ). Le P. C-ARUEL a eu l'amabilité de me donner, avec ces deux missives, les i lettres de maîtrise de la veuve MASLIN, une synthèse d’apothicaire d’Angers, un registre contenant une deuxième version de l'Histoire des pharmaciens d’Angers, par j Charles MÉNIÈRE [Ms. 97], et diverses pièces que je me suis empressé d’offr r à la bibliothèque de l’Ecole supérieure de Pharmacie de Paris.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30622438_0010.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)