Un médecin philosophe, Charles Bouchard : son oeuvre & son temps, 1837-1915.
- Le Gendre, P. (Paul), 1854-1936.
- Date:
- 1924
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Credit: Un médecin philosophe, Charles Bouchard : son oeuvre & son temps, 1837-1915. Source: Wellcome Collection.
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![et enchaînés à leur devoir. » D’ailleurs B. Teissier avait pressenti ce que promettait d’être son disciple. Ambition¬ nant ]>our l’éclat de l’Ecole de Lyon d’y voir revenir ce brillant élève, n’alla-t-il pas jusqu’à lui offrir, alors que Bouchard n’était encore que chef de clinique de Béliier, de donner sa démission s’il consentait à venir lui succéder dans sa chaire ? Bouchard reporta sur le (ils, Joseph Teissier, qui devait, après Bondet, professer à son tour la clinique à l’IIôtel- Dieu, enrichissant encore l’héritage scientifique familial, les sentiments affectueux qu’il garda toujours pour son premier maître. Quand la maladie et la guerre ramenèrent en 1015 à Lyon Bouchard mourant, Joseph Teissier eut à lui donner ses soins et, l’ayant assisté pendant les derniers moments, a rendu témoignage de sa « majestueuse résignation » (1). III. — LES VACANCES EN SAVOIE. — GRATITUDE FILIALE. — CONCOURS D’INTERNAT. — SIX MOIS A PARIS. Au mois d’août 1856, sa première année terminée, Bou¬ chard passait ses vacances dans la famille d’un de ses cama¬ rades, Louis Nodet, qui devait rester son ami jusqu’à sa mort, en 1913. C’était à (Allonges (pie vivait la famille Nodet, où Bouchard trouva le plus chaleureux accueil. Le récit dans deux lettres à ses parents de ce premier éloignement du foyer paternel n’est pas dénué d’intérêt. Si peu élevée que fût la somme nécessaire aux frais de ce petit voyage, elle grevait sans doute assez lourdement le budget familial ; car le fils termine la première lettre, après l’énumération des distractions qu’il goûte, par cette phrase : « Faut-il, chers bons parents, que tous ces plaisirs vous coûtent tant de fati¬ gues et de soucis ! » Le jeune homme unissait un vif sentiment des beautés du paysage à une habitude d’observation précise. « Au lieu de ces jolies collines qui bordent le Rhône près de Lyon, au lieu de cette plaine immense qui s’étend sur la rive gauche du fleuve, ce n’était partout que montagnes escarpées, dont les flancs couverts de sapins, hérissés de rochers ou crevassés de ravins, étaient pour moi d’un effet tout nouveau. Une (1) .JosKPii Tf.issieh : Communications personnelles.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29825350_0028.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)