Mémoire sur une nouvelle méthode d'employer le nitrate d'argent dans quelques ophthalmies / par M. le Dr Desmarres.
- Desmarres, L. A. (Louis Auguste), 1810-1882.
- Date:
- 1842
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Credit: Mémoire sur une nouvelle méthode d'employer le nitrate d'argent dans quelques ophthalmies / par M. le Dr Desmarres. Source: Wellcome Collection.
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![]a conjonctive rougit, puis s'enflamme5 la sclérotique se couvre de vaisseaux, la pupille se resserre, la pholophobie et l'épiphora surviennent et toutes les chances mauvaises d'une violente ophtalmie externe, très-souvent d'une oph- talmie interne plus ou moins intense, avec leurs fâcheuses conséquences , res- tent au médecin- Il faut bien alors recourir à la médication antiphlogistique, particulièrement aux émissions sanguines abondantes, pour combattre cette réaction terrible qu'on aurait pu prévenir par un traitement mieux dirigé, efcà laquelle maintenant on ne peut plus assigner de limites. Me ferais-je donc illu- sion en avançant que c'est précisément parce que personne n'a tenu compte jusqu'ici de cette réaction, que l'administration du médicament a échoué si sou- vent dans les cas où il était le mieux indiqué! En général, je n'emploie pas le nitrate d'argent à dose très-faible pour les raisons que j'ai développées , parce que la réaction est d'autant plus à craindre qu'on a dans les mains des armes moins fortes. Il ne faudrait pas croire cepen- dant que je l'administre à l'état d'escharrotique , comme les partisans exclusifs de la méthode ectrotique le recommandent, car j'ai reconnu qu'il est mieux de conserver toujours un juste milieu entre ces deux extrêmes. La raison en est peut-être dans ce fait, qu'une escharre étant une fois formée, celle-ci met les tissus sous-jacents à l'abri de l'action du collyre, et que rien n'empêche plus alors la réaction de venir tout compromettre. On en peut juger, au reste, par le gonflement des paupières qui, dans ce cas, suit l'application du caustique. La dose du collyre dout je me sers, varie entre 4° el; 9° centigrammes de nitrate d'argent cristallisé pour 10 grammes d'eau, selon que la photophobie est plus ou moins ancienne, comme dans les ophtalmies scrofuleuses invétérées, par exemple, cas dans lequel on agit plus vigoureusement d'abord. A cette dose, le collyre ne blanchit que rarement la muqueuse oculaire. (Cela pourtant arrive quelquefois chez de très-jeunes enfants, mais alors j'ai soin de diminuer la foidee du nitrate en recommandant de faire des instillations plus fréquentes.) Cela fait, l'indication la plus importante à remplir, c'est de prescrire au malade des instillations dans l'œil, répétées par gouttes de demi-heure en demi-heure pendant vingt-quatre heures, sans interruption aucune. Dans quelques cas rares, il faut recommencer l'instillation de quart-d'heure en quart-d'heure seulement pendant les deux ou trois premières heures du traitement. J'ai soin de prévenir le ma- lade que pendant ces deux ou trois premières heures, il éprouvera des douleurs assez vives, parce que c'est ordinairement le temps nécessaire pour que la tolé- rance s'établisse; mais, que passé ce temps, elles deviendront très-supportables, et seront suivies d'une notable amélioration, ce qui ne manque; pas d'arriver, en effet, dans tous les cas. De cette manière, l'œil malade est à l'abri de la réac- tion, parce que la force de répercussion agissant pour ainsi dire d'une manière](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21643234_0014.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)