Volume 25
Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef].
- Date:
- 1834-1846
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef]. Source: Wellcome Collection.
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![ses les plus ordinaires des rechutes. —- ]1 faut faire évacuer de temps en temps, et doucement, avec la manne ou un sel, ou avec la manne dissoute dans un lait d’amandes, ou plutôt avec la teinture de rhubarbe répétée assez souvent, quel- quefois même avec un doux vomitif. Quelques malades se trouvent bien du quinquina comme fortifiant et comme astringent, ou de l’opium avec les astrin- gents ; d’autres , de lavements anodins avec les astringents , d’autres , de quel- ques autres ; mais plusieurs se trouvent mieux de ne pas faire usage de ces mé- dicaments. — De temps à autre on don- nera donc l’opium , on fera prendre le grand air aux malades , et ils iront un peu à cheval pour se fortifier les intes- tins. Cette méthode est celle de Monro. Il a vu guérir par l’équitation, les bouil- lons, la viande blanche et un peu de bon vin, des dysenteries lentes dans lesquel- les on avait employé , sans succès , les purgatifs au commencement, et d’autres médicaments aussi inutilement. Mais il observe que cette méthode n’est utile que dans les légères attaques, et après que les évacuations ont été calmées. —• Brocklesby est plus indulgent que Monro sur l’usage du vin dans les dysenteries de long cours. Il trouva que le bon vin rouge , mêlé avec l’eau , était indispen- sable aux Anglais malades qui revinrent des côtes de France en 1758 , avec une dysenterie lente qui avait succédé à une fièvre bilieuse. Souvent il permettait trois demi-setiers de vin avec suffisante quantité d’eau pour vingt-quatre heures, pendant trois semaines ou un mois. Le vin, joint à une boisson aqueuse de can- nelle, d’écorce d’orange et d’autres aro- mates , à dose convenable , fit un mer- veilleux effet. Cependant il n’en fit pas prendre à ceux qui avaient de la fièvre. Il donnait quelquefois des espèces aro- matiques , dix ou quinze grains, toutes les huit heures une fois dans cette bois- son agréable , pour réchauffer les intes- tins de ces malades , rendre du mouve- ment au sang, et fortifier les solides. Lorsque le cours de ventre persévérait, et que le ténesme y était joint, ce qui n’était pas rare, Brocklesby était obligé d’employer les doux purgatifs , tels que les sels, la manne, les huiles douces, et de réitérer selon les forces des malades , et jusqu’à ce que le ténesme cessât : ce qui en général ne tardait pas beaucoup. Ce médecin a ouvert deux sujets morts à ce degré de la maladie, et a trouvé les deux derniers intestins très-enflammés dans la longueur de plusieurs pouces , depuis l’orifice du rectum : ces sujets avaient eu une très-longue fièvre. Voilà une nouvellepreuvede la circonspection, qu’il faut avoir sur l’usage du vin dans ces dysenteries lentes invétérées, et qui ont éludé toutes les ressources de l’art. Mais il faut aussi avertir les imitateurs maladroits, sur l’usage des médicaments astringents dans ces dysenteries. On ne saurait être trop prudent à cet égard. M. Schobinger eut à traiter, il y a quel- ques années , à Saint-Gall, une jeune dame de qualité , prise de dysenterie. Après de grandes évacuations il lui donna enfin le quinquina , un peu de cascarille, de confection d’hyacinthe , et le bol d’Arménie, le tout mêlé ensemble, à dose très-modérée, et lorsque le cours de ventre et les tranchées avaient pres- que entièrement cessé : malgré cela, l’u- sage de ces médicaments fut suivi d’une goutte vague qui dura trois semaines. Brocklesby avoue que , malgré l’usage circonspect des astringents , il lui est souvent arrivé de prolonger la maladie avec ces médicaments, au lieu de l’abré- ger ; que la fièvre a reparu, et qu’il s’est vu contraint de recourir aux vomi- tifs et aux purgatifs. Les fréquentes ten- tatives inutiles de Monro dans les cas de maladies lentes ne sont probablement dues qu'à l’usage des astringents. Ces médicaments sont également très-nuisi- bles dans les dysenteries très-bénignes et très-longues de Java , comme Laurich nous l’apprend. Les médecins indigènes et européens ont recours dans ces cas-là à ces médicaments. Les médecins indiens se servent des fruits du billingbing, ma* candou , nimbo , carambolas , et du jan- gomas. Ils arrêtent les cours de ventre avec cela , sans prescrire auparavant les purgatifs, et au grand préjudice de leurs malades. Cette erreur est assez ordinaire aux médecins qui sont au service de la compagnie hollandaise des Indes orien- tales, et qui y font plutôt la chirurgie ; c’est ce qu’on leur reproche dans un. livre hollandais , imprimé à Hambourg pour leur instruction. Leurs principaux remèdes , dans ces cas-là , sont le bol d’Arménie, le cachou, la terre sigillée d’Espagne , le sang-dragon , la corne de cerf brûlée, le corail rouge , l’écorce de grenade qui n’est pas encore mûre, le laudanum sec, et le jus de prunes cuites. Laurich a souvent vu dans ces dysente- ries légères, mais longues, les intestins](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28746922_0025_0625.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)