Volume 1
Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef].
- Date:
- 1834-1846
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef]. Source: Wellcome Collection.
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![campe. Ce Sont deux prolongements mé- dullaires recourbés sur eux-mêmes, pré- sentant leur concavité en devant, leur convexité en arrière , et occupant la pa- roi inférieure de la portion inférieure des ventricules. Ils naissent des parties laté- rales de l’extrémité postérieure du corps calleux, se portent d’abord en dehors, puis se recourbent en devant, vont tou- jours en s’élargissant, et viennent finir dans le cul-de-sac qui termine les ventri- cules , par une extrémité renflée que sur- montent deux ou trois tubercules plus ou moins saillants et séparés par des rai- nures sensibles. Libres dans les ventri- cules par leur face supérieure, les cornes d’Ammon sont confondues en bas avec la substance cérébrale, qui, ayant en cet endroit une épaisseur peu considérable, ne les sépare que par un petit intervalle de la base du crâne. Une rainure très- sensible borne le bord convexe de ces éminences. Derrière cette rainure, la substance médullaire qui forme la paroi inférieure des ventricules offre un ren- flement plus ou moins sensible, lequel suit la direction de ces mêmes éminen- ces, et représente quelquefois une saillie accessoire presque aussi marquée qu'el- les ; mais le plus souvent cette saillie est peu sensible.—La concavité de la corne d’Ammon est bordée, comme je l’ai dit, par une bandelette médullaire qui forme le corps frangé. Lorsqu’on soulève cette bandelette, on observe au-dessous d’elle une rainure assez profonde que les au- teurs n’ont point indiquée, et qui suit la même direction qu’elle. Cette rainure, que je compare à celle qui est entre la partie interne de chaque hémisphère et le corps calleux , est formée en haut par cette bandelette, en bas par la partie postérieure d’une portion très-large de substance médullaire, laquelle portion contiguë aux parties latérales des pro- longements antérieurs de la protubéran- ce et aux couches optiques , concourt à former en bas la fente par laquelle la pie-mère de la base du cerveau pénètre dans la partie inférieure du ventricule, tandis que cette fente résulte plus haut de la continuité de la couche optique et du corps frangé. — Au fond de la rai- nure dont je parlais tout à l’heure , et que surmonte le corps frangé qui la for- me en haut, est un autre corps de cou- leur grisâtre , de substance corticale par conséquent, qui se contourne comme cette rainure, présente une concavité antérieure et une convexité postérieure. Ce corps, en forme de petit cordon, pré- sente beaucoup de petits sillons qui le coupent perpendiculairement ou obli- quement , et d’une manière très-irrégu- lière. Les auteurs l’ont négligé, quoi- qu’il soit aussi remarquable que le corps frangé , dont il suit exactement la direc- tion , recouvert par lui. Pour le bien voir, ainsi que la portion médullaire as- sez large qui est au-devant de lui, et qui concourt avec le corps frangé à former la rainure concave dont il occupe le fond ou l’angle rentrant, il faut exacte- ment dépouiller les parties et de la pie- mère ef des vaisseaux qui les recouvrent, et qui les masquent en s’y distribuant. Eminence digitale. ]\ous avons indi- qué une petite cavité à l’endroit où les deux portions inférieure et supérieure des ventricules se réunissent : une petite éminence plus ou moins saillante et or- dinairement en forme de mamelon, nom- mée éminence digitale, occupe la paroi inférieure de cette cavité. Elle est quel- quefois divisée par une rainure , de ma- nière à paraître double. Elle est blan- châtre comme la corne d’Ammon. Mo- rand l’a spécialement décrite. § III. Organisation du cerveau. Deux substances entrent essentiellement dans l’organisation cérébrale : l’une, gri- sâtre, molle, spongieuse, porte le nom de substance corticale , parce qu’elle est le plus communément extérieure ; l’autre, blanchâtre, d’une consistance à peu près égale à celle de la précédente, parsemée, lorsqu’on la coupe, d’un grand nombre de points rougeâtres, indices des vaisseaux sanguins divisés , s’appelle la substance médullaire. La double cou- leur de ces substances est d’autant plus distincte que le cerveau est plus frais ; la différence devient moins sensible à me- sure qu’il tend plus à la putréfaction. La substance médullaire prédomine évidem- ment sur la corticale , par sa masse. Je n’examinerai point la nature intime de l’une et de l’autre ; elle nous est absolu- ment inconnue, et toutes les hypothèses imaginées sur leur structure , essentiel- lement vasculaire selon les uns, glandu- leuse suivant d’autres, n’ont aucun fon- dement qui repose sur le témoignage des sens, seul guide en anatomie. Je renvoie, pour leur composition, à ce que j’ai dit dans Y Anatomie générale. Je vais tout de suite m’occuper de leurs proportions diverses. Entre les hémisphères, on rencontre d’abord le corps calleux. Il est entière- té.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28746922_0001_0409.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)