Volume 24
Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef].
- Date:
- 1834-1846
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef]. Source: Wellcome Collection.
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![le scorbut pour sa cause. Eugalenus (f) en décrit une de celte espèce, et il re- marque qu’elle diffère de la paralysie des anciens, en ce que, quoique la force et la fermeté se perdent dans les mem- bres attaqués de la paralysie scorbutique, il reste néanmoins encore dans la plu- part quelque mouvement qui augmente et diminue par intervalles. (Nous avons dit au § 1067 , qu’on donnait à ce léger degré de paralysie le nom de paresis; c’est-à-dire quand il reste dans le mem- bre paralytique quelque mouvement, mais qui n’est pas constant.) C’est aussi pour cette raison qu’Eugaîenus a mieux aimé lui donner le nom de passion pa- ralytique, que de paralysie (a), surtout voyant que cette paresis se guérissait en peu de temps par les remèdes convena- bles, au lieu que la paralysie véritable a toujours été regardée par tous les mé- decins comme une maladie opiniâtre et de longue durée. Maintenant, si l’on fait attention qu'on a toujours trouvé le cer- veau très-sain dans tous les cadavres des personnes qui étaient mortes du scorbut le plus mauvais, comme nous l’avons dit plus haut, il paraîtra fort probable que cette paralysie scorbutique ne dé- pend nullement du vice du cerveau ni des nerfs. Mais les dissections ont appris que les ligaments se trouvent rongés {b), les épiphyses séparées du corps des os; que les muscles mêmes, abreuvés d’un sang noir et pourri, se rompaient et tombaient par morceaux dès qu’on les maniait, tandis qu’ils sont si fermes dans l’ctat de santé (c). En voilà assurément assez pour empêcher le libre mouvement des membres; joint à ce qu’il ne suffit pas que la cause du mouvement muscu- laire soit appliquée aux muscles par le moyen des nerfs (d) ; mais il faut encore que les muscles soient sains et en bon état, pour que la cause du mouvement appliqué aux muscles par le canal des nerfs puisse produire son effet. Mais, puisque dans le scorbut la structure des muscles, des ligaments et des os où les muscles s'attachent, est si souvent gâtée et détruite , il n’est pas étonnant que la 61, 62. (a) P. 63. (b) Acad, des Scienc., l’an 1699, Mém., p. 239. (c) Acad, des Scienc., l’an 1699 Mém.. p. 244. (d) Yoyez Boerh,, Aph.; §1058, paralysie soit quelquefois un des effets du scorbut. [ Les retirements des membres.] Dans la paralysie, le muscle est relâché et immobile ; mais dans les retirements des membres , les muscles sont tout à la fois raides et immobiles : mais alors les arti- culations au mouvement desquelles ils servent restent toujours fléchies et ne peuvent plus s’étendre. Poupart (e) a ob- servé cetaccident parmi les scorbutiques; les muscles étaient raides comme du bois, à cause de la grande quantité du sang caillé qui les gonflait. On peut ju- ger de l’effet qu’une pareille cause est capable de produire , par l’expérience suivante, faite sur un cadavre (/). Si on injecte de l’eau tiède dans une artère, on fera gonfler le muscle où elle se perd, au point de le raccourcir et de faire mou- voir la partie à laquelle il s’attache ; ainsi la même chose doit arriver quand les vaisseaux sont farcis d’un sang coagu- lé, et extrêmement enflés dans les mus- cles d’un homme encore vivant. Mais, comme les fléchisseurs ont beaucoup plus de force que les extenseurs, il est clair que, la même cause agissant également sur les uns et sur les autres , les mem- bres doivent se retirer, ainsi que nous l’avons déjà remarqué en parlant de la cure de la paralysie (g). Eugalenus a ob- servé un retirement de la jambe vers le jarret chez une personne attaquée du scorbut (h). [ Des taches noires. ] On a déjà parlé dans les chiffres précédents de ce para- graphe , des taches de différentes cou- leurs ; mais, quand une fois elles sont noires, ce sont des marques sûres de la gangrène, et par conséquent de la mort. [Vomissements de sang et déjections sanguines.] On a parlé au chiffre précé- dent des hémorrhagies subites, et sou- vent effrayantes, qui surviennent dans le scorbut. Mais, dans le dernier période de cette maladie-, quand une fois les vaisseaux et les viscères étant rongés, occasionnent ces évacuations par haut et par bas, il est évident qu’il n’y a plus rien de bon à espérer. [ Putréfaction et comsomption du foie , etc.] Toute la masse du sang, lou- (e) Acad, des Scienc., l’an 1699, Mém., p. 241. (/) Voyez Boerli., Aph., § 1058. (g) Boerhaave, Aph., §1069. (h) P. 60.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28746922_0024_0403.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


