Volume 5
Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef].
- Date:
- 1834-1846
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef]. Source: Wellcome Collection.
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![naire des animaux. L’existence de cet appareil nerveux une fois reconnue, tou- tes les fonctions des végétaux rentrent, avec celles des animaux , dans les attri- butions de la sensibilité. Dès lors il n’est plus besoin de chercher une explication particulière pour chaque phénomène : l’absorption, la circulation, la nutri- tion , l’exhalation, la génération, ne sont plus un mystère, la sensibilité préside k leur exercice. En effet, tous les tissus vivants sont parcourus d’innombrables vaisseaux capillaires, qui reçoivent de leurs filets nerveux la faculté de sentir, et qui tiennent de leur structure la pro- priété de se contracter. C’est à cette double faculté, sentir et se contracter, que se rapportent, en dernière analyse , toutes les fonctions végétales. Partout nous voyons impression des matériaux sur les bouches absorbantes, snr les pa- rois des vaisseaux et sur les organes sé- créteurs, et réaction de ces organes pour absorber, faire circuler et opérer la sé- crétion. Ainsi, tout commence par les sensations ; supprimez-]es en supprimant les nerfs, toutes les fonctions cessent, il n’y a plus de vie. La vie toute en- tière est donc dans les sensations. Vivre, cest sentir, a dit avec beaucoup de vé- rité le célèbre Cabanis. — Les végétaux vivent sans doute , mais ils vivent à leur manière ; ils vivent par les organes qu’ils possèdent. Privés des organes de la vue, de l’ouïe, du toucher; privés du centre nerveux cérébral, ils ne voient, n’en- tendent , ne touchent ni ne réfléchis- sent; ils ne peuvent pas exécuter des fonctions dont ils ne possèdent pas les organes; il ne peut pas y avoir d’effet sans cause. Les animaux possèdent donc un ordre de fonctions étrangères aux végétaux. Ce sont les sensations perçues générales et spéciales, les fonctions in- tellectuelles , la locomotion et la parole. Cet ordre de fonctions constitue une existence particulière et bien distincte. Elles s’exécutent toutes sous l’influence directe et unique d’un système nerveux spécial; c’est le système nerveux céré- bral. Par elles l’animal; libre et indé- pendant, prend connaissance de ce qui l’entoure, et en fait tel usage qu’il veut. — Détaché du sol, et n’ayant point de racines pour y puiser son alimentation et s’y fixer d’une manière permanente et solide , l’animal a dû trouver dans son organisation des appareils qui pussent suppléer à ceux qui lui manquaient. Ain- si , l’appareil digestif lui a été ajusté pour présenter sans cesse k ses bouches absor- bantes les matériaux de sa nutrition. Ainsi, l’appareil de la respiration et ce- lui de la génération ont remplacé les feuilles et les fleurs, dont l’énorme dé- veloppement eut été trop incommode pour l’animal. Ainsi, un réservoir est venu retenir l’urine, dont l’évacuation non interrompue eût été si gênante. Nous ferons de suite observer que ces ap- pareils reçoivent l’influence combinée des deux systèmes nerveux. — Ainsi, dans l’animal, nous retrouvons : 10 toutes les fonctions qui se présentent dans le règne végétal, et qui s'exécutent sous l’influence du système nerveux ganglio- naire ; 2° des fonctions spéciales , qui sont l’apanage des seuls animaux; elles s’exécutent sous l’influence du système nerveux cérébral ; 3° enfin, des fonc- tions appartenant aux deux classes d’ê- tres organisés, mais singulièrement mo- difiées pour s’accommoder k la manière d’être de chacune ; elles reçoivent leur influence des deux systèmes nerveux k la fois. — Quoique dans cette étude de la vie, de ses manifestations et de ses organes, nous ne nous soyons occupés que de son action sur les solides, il ne faut pas croire que nous regardions les liquides comme tout k fait inertes, com- me étrangers k la vie. De même que les solides, ils participent k la vie, et ils manifestent leur vitalité par des phéno- mènes indubitables Ainsi, le sang ne se congèle pas, la lymphe et le chyle conservent leur liquidité , etc. ; mais cette vitalité n’est qu’une disposition k concourir aux fonctions auxquelles ils sont appelés ; car par eux-mêmes ils n’exécutent aucun mouvement, aucune fonction. Ainsi, leur vitalité, leur vie, si l’on veut, ne ressemble point k la vie des solides. CLASSIFICATION DES FONCTIONS. Il résulte de ce qui précède, que les auteurs qui, en grand nombre, ont admis comme propriétés vitales la sensi- bilité et la contractilité , ont été induits en erreur, parce qu’ils n’avaient pas assez caractérisé ce qui est un acte. Si, en effet, ils se fussent bien pénétrés de cette vérité, qu’un acte est le résultat cons- tant d’un organe, ils auraient vu que ces](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28746922_0005_0022.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)