Volume 23
Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef].
- Date:
- 1834-1846
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef]. Source: Wellcome Collection.
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![d’une épiplocèle qui était ancienne, à ce qu’il paraît, et qui existait sur un jeune homme, lequel du reste avait joui d’une bonne s mté, et était âgé d’environ vmgt- deux ans. Yous lirez bien dans le iS’c- pulchretum (1) qu’on trouva , avec une hernie, les testicules petits, comprimés, jaunâtres , et ayant à peine la grosseur d’une noix muscade; mais cette hernie était volumineuse, et non-seulement elle était formée par l’épiploon , mais aussi par une portion assez considérable du mésentère et de l’intestin iléon; elle exis- tait en outre depuis vingt ans, et c’était sur un septuagénaire. Ce sujet était éga- lement vieux, chez qui je trouvai le tes- ticule voisin de la hernie beaucoup plus petit que l’autre, et d’un brun rougeâtre à l’intérieur, comme je l’ai écrit dans la vingt-quatrième Lettre (2). Cependant, celte hernie était une entérocèle, et elle fut mortelle par l’inflammation qui en ré- sulta; de telle sorte que l’on voit à quoi l’on doit rapporter cette couleur du tes- ticule.— Ainsi, ces deux dernières ob- servations font voir que la grosseur des testicules diminue quelquefois par la des- cente des parties dans le scrotum ; tandis que la première démontre que leur struc- ture même se change entièrement dans quelques cas. Comme vous pouvez com- prendre, d’après ces histoires, que ce que quelques-uns ont dit n’est pas toujours vrai, qu’il est inutile de craindre la sté- rilité à la suite des hernies , de même vous pouvez conjecturer aussi que les hernieux deviennent quelquefois stériles, non-seulement parce que les vaisseaux s’accolent au sac, comme Boerhaave (3) l’a enseigné, mais aussi parce que, outre les vaisseaux , les testicules eux-mêmes sont comprimés pendant fort long-temps par le poids et la masse, soit de l’intestin tombé, soit même du mésentère, et quel- quefois de l’épiploon tout seul. 1 3. Mais Gunz (4) a savamment averti, à l’endroit où il a avoué sa méprise sur l’épiploon, quels changements survien- nent quelquefois dans les parties qui tombent dans le sac de la hernie , et avec quelle facilité la négligence de cette re- marque peut donner lieu à des erreurs nombreuses et graves dans l’art de gué- rir. A l’observation de cet auteur sur (1) Sect. bac. 29, obs. 15. (2) N. 16. (5) Prælect. ad Inslit., § 641. (4) Prolus., supra, ad n. 10 cit. un épiploon devenu fort épais et fort gras dans une hernie, vous réunirez cel- les qui furent recueillies auparavant par Sprogel (1) sur le vivant , et par Mau- chart (2) sur le mort. Et pour que vous ne croyiez pas qu’il n’y ait que l’épi- ploon qui éprouve des changements , ajoutez-y encore celle qui est rapportée par Lavater (3), et dans laquelle il est dit que les intestins étaient mous comme du papier trempé ; de telle sorte qu’il faut moins s’étonner si ces viscères se rom- pent, surtout quand il s’y joint de la sup- puration ou une gangrène , s’ils répan- dent dans la cavité de la hernie ce qu’ils contienneut d’excréments liquides, et si, de cette manière, celte hernie simule une autre espèce de hernie, ou un abcès, comme les observations du célèbre Heis- 1er (4), sur le vivant et sur le mort , le démontrent. Mais, pour m’arrêter aux changements que Valsalva et moi avons vus survenir dans les parties tombées, la trente-qua- trième Lettre vous les fera connaître. Et je ne parle pas seulement des intestins , qui, comme vous le trouverez, étaient en- flammés, ou noirs et gangrenés en diffé- rents endroits à la suite de leur inter- ception , mais aussi de l’épiploon et du mésentère. En effet, vous lirez (5) que le premier était double et conformé en un corps cylindrique, et que je ne pus comprendre ce que c’était qu’en le cou- pant. Vous y (6) verrez d’ailleurs de quelle manière une portion du mésentère parut comme charnue à Valsalva. ,Tc parle de celle portion qui , si l’irileslin doublé descend un peu trop ])rofondé- ment, doit nécessairement le suivre dans l'intérieur du sac ; car il est plus facile au mésentère de se relâcher que de se rompre, à cause de la graisse abondante dont il est fourni. Or, on comprend qu’il n’est jamais plus relâché que dans les hernies. La mollesse et le relâchement du mésentère se voient fréquemment dans la hernie inleslinale, dit Warlhon (7) ; car le mésentère se relâche au point de (1) Eph. N. C., cent. 7, obs. 70. (2) Disserl. supra, ad n. 3cit., c. 2 in fine. (3) Dissert, ad eumd., n. 3 cit., n. 23. (4) Dissert, de bernia incarcérât., § 10 et 15. (5) N. 9. (6) N. 5. (7) Adenogr., c. 11.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28746922_0023_0020.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)