Volume 23
Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef].
- Date:
- 1834-1846
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef]. Source: Wellcome Collection.
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![sorte que celui-ci, formant une saillie dans le sac de la hernie , sepiblait s’y trouver tout entier. 9. Mais il faut se tenir plus en garde contre d'autres erreurs sur le vivant, de crainte que nous ne croyions à tort que l’intestin ou l’épiploon sont tombés hors de la cavité du ventre. Il est beaucoup de circonstances qui exposent les mé- decins imprudents à une erreur de cette espèce; comme le testicule qui soulève l’aine quand il doit descendre trop lard dans le scrolum , ce qui arrive quelque- fois , et qui ne doit cependant pas être pris facilement pour un bubonocèle , si ce n’est ]ieut-être par ceux qui, n’imitant pas Brechlfeld (1), n’examinent pas au- paravant le scrotum , surtout chez les enfants, et ne remarquent pas que Je testicule y manque; comme une langue inguinale parvenue par son dévelop- pement à une forme telle que celle que j’ai décrite sur un boucher dans la trente-unième Lettre (2), ou plusieurs glandes réunies avec une sérosité coa- gulée, telles que celles que Reiselius (3) trouva; comme enfin d’autres disposi- tions; et, pour que ces dispositions n’en imposent pas, il faut examiner tout le reste et s’en informer avec soin. — J'é- tais à Venise lorsqu’une femme fit appeler des chirurgiens et des médecins , entre autres Santorini , pour qu’ils reconnus- sent ce que c’était qu’une tumeur qui existait à l’une de ses aines , dans la crainte que ce ne fût un bubonocèle, parce que cette tumeur s’était manifestée ^ tout-à- coup au milieu des eflbrts qu’elle avait faits pour décharger son ventre qui était serré. Tous les signes d’une hernie manquaient, si ce n’est qu’aussitôt qu’on touchait cet endroit avec la main , la femme rendait des rots. Après avoir re- marqué que cette circonstance seule te- nait l’esprit des médecins dans l’incerti- tude, elle se mit à rire, et elle leur dit : Quelque partie de mon corps que vous lou- chiez, vous entendrez des rots s’échapper aussi lot. Ils en font l’essai sur-le-champ, et sur-le-champ des rots s’échappent. San- torini rapporta ceci à d’autres médecins et à moi, et tous les autres en étant étonnés comme d’un fait inouï : C’est une chose rare, leur dis-je, mais non inouïe ; car je (1) Vid. apud Barthol., Act. med. Hafn., vol. 1, obs. 106. (2) N. 19. (3) Eph. N. G., dec. 2, a. 7, obs. 12, me souviens d’avoir lu dans Ettmüller (1) qu’il est rare de voir ce que Barlholin (Act. med. Hafn., p. 199) et Rliodius (c. 2, 52) observèrent, savoir, des rots con- tinuels produits par des frictions externes 'en quelque lieu du corps qu’on les fît. Mais pour que ce qui arriva à mes amis en question ne vous- arrive pas, si par hasard vous aimez mieux jeter les yeux sur les auteurs indiqués par Ettmüller pour un fait très-rare, vous regrette- rez sans doute pour ce qui regarde Rho- dius que la mémoire du citateur n’ait pas été plus heureuse, mais vous trou- verez effectivement dans Bartholin, après avoir reconnu l’erreur des ouvriers qui ont écrit p. 199 au lieu de I94 , l’obser- vation d’un homme chez lequel une lé- gère friction dans une partie quelconque du corps donnait lieu à une ériiclalion si énorme, qu’elle ne s’arrêtait pas avant que la friction ne cessât. Or, cette ob- servation est la cent deuxième de la pre- mière partie du premier volume des Ac- tes cités, et a pour auteur Brechlfeld, médecin de la reine-mère. 10. Il est aussi d’autres dispositions qui ne sont pas aussi rares, mais qui ne se présentent pourtant pas très-fréquem- ment, et qui existent non-seulement aux aines, mais encore à l’ombilic et au scro- tum, dispositions qui pourraient embar- rasser les médecins, et les tromper quel- quefois dans le diagnostic des hernies. Ainsi je me souviens d’un prince séré- nissime qui était sujet, entre autres in- commodités, à des vents et à des disten- sions hypochondriaques du ventre, et qui, d’après le rapport que me firent ses médecins, qui du reste étaient des hom- mes de mérite, était affecté d’une épiplo- cèle un peu au-dessus de l’ombilic et à la partie gauche. Bien qu'en examinant cette partie je reconnusse une tumeur molle et peu saillante, d’une forme cir- culaire , et dont le diamètre égalait au moins trois travers de doigt, cependant, comme je sentais qu’il n’y avait rien d’inégal , et que le prince lui-même ne faisait pas à mes questions des réponses propres à confirmer le jugement des mé- decins, j’aimai mieux suspendre mon as- sentiment, et je ne m’en repentis point lorsque j’appris, quelques mois plus tard, par l’histoire delà dissection qu’on m’en- voya après la mort du sujet, qui arriva par une tout autre cause, que la méprise](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28746922_0023_0017.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)