Volume 4
Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef].
- Date:
- 1834-1846
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef]. Source: Wellcome Collection.
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![pression est reçue, est remarquable par sa forme régulière ; ses parties paires se ressemblent de chaque côté, telles que la couche des nerfs optiques, les corps cannelés, les hippocampes, les corps frangés, etc. Les parties impaires sont toutes symétriquement divisées par la li- gne médiane , dont plusieurs offrent des traces visibles, comme le corps calleux, la voûte à trois piliers, la protubérance annulaire, etc., etc. — Les nerfs qui transmettent aux agents de la locomotion et de la voix les voûtions du cerveau ; les organes locomoteurs formés d’une grande partie du système musculaire, du système osseux et de ses dépendances ; le larynx et ses accessoires, doubles agents de l’exé- cution de ces volitions , ont une régula- rité , une symétrie qui ne se trahissent jamais. — Telle est même la vérité du caractère que j’indique, que les muscles et les nerfs cessent de devenir réguliers dès qu’ils n’appartiennent plus à la vie animale. Le cœur, les fibres musculaires des intestins, etc. , en sont une preuve pour les muscles ; pour les nerfs, le grand sympathique, partout destiné à la vie intérieure, présente dans la plupart de ses branches une distribution irrégulière: les plexus soléaire, mésentérique, hypo- gastrique, splénique, stomachique, etc., en sont un exemple. — Nous pouvons donc , je crois , conclure , d’après la plus évidente inspection , que la symétrie est le caractère essentiel des organes de la vie animale de l’homme. § II. Irrégularité des formes exté- rieures dans la vie organique.—Si nous passons maintenant aux viscères de la vie organique, nous verrons qu’un carac- tère exactement opposé leur est applica- ble. Dans le système digestif, l’estomac, les intestins, la rate, le foie, etc., sont tous irrégulièrement disposés. — Dans le système circulatoire, le cœur, les gros vaisseaux, tels que la crosse de l’aorte, les veines caves, l’azygos, la veine porte , l’artère innommée, n’offrent au- cune trace de symétrie. Dans les vais- seaux des membres , des variétés conti- nuelles s’observent, et, ce qu’il y a de remarquable , c’est que dans ces variétés, la disposition d’un côté n’entraîne point celle du côté opposé. — L’appareil res- piratoire paraît au premier coup d’œil exactement régulier ; cependant si l’on remarque que la bronche droite est diffé- rente de la gauche par sa longueur , son diamètre et sa direction ; que trois lobes composent l’un des poumçns, que deux seulement forment l’autre ; qu’il y a en- tre cesprganes une inégalité manifeste de volume ; que les deux divisions de l’ar- tère pulmonaire ne se ressemblent ni par leur trajet ni par leur diamètre ; que le médiastin , sur lequel tombe la ligne mé- diane, s’en dévie sensiblement à gauche, nous verrons que la symétrie n’était ici qu'apparente, et que la loi commune ne souffre point d’exception. — Les organes de l’exhalation, de l’absorption, les mem- branes séreuses, le canal thorachique, le grand vaisseau lymphatique droit, les absorbants secondaires de toutes les par- ties ont une distribution partout inégale et irrégulière. — Dans le système glan- duleux , nous voyons les cryptes ou fol- licules muqueux partout disséminés sans ordre sous leurs membranes respectives. Le pancréas, le foie , les glandes salivai- res même, quoiqu'au premier coup d’œil plus symétriques], ne se trouvent point ^exactement soumis à la ligne médiane. Les reins diffèrent l’un de l’autre par leur position , le nombre de leurs lobes dans l’enfant, la longueur et la grosseur de leur artère et de leur veine ; et surtout par leurs fréquentes variétés. — Ces nombreuses considérations nous mènent évidemment à un résultat inverse du pré- cédent ; savoir , que l’attribut spécial des organes de la vie intérieure, c’est l’ir- régularité de leurs formes extérieures. § III.[Conséquencesqui résultent delà différence des formes extérieures dans les organes des deux vies. — Il résulte de l’aperçu qui vient d’être présenté, que la vie animale est pour ainsi dire double ; que ses phénomènes, exécutés en même temps des deux côtés, forment dans chacun de ses côtés un système indépen- dant du système opposé ; qu’il y a , si je puis m’exprimer ainsi, une vie droite et une vie gauche ; que l’une peut exister, l’autre cessant son action, et que sans doute même elles sont destinées à se suppléer réciproquement. —C’est ce qui arrive dans ces affections maladives si commun.es , où la sensibilité et la motilité animale affaiblies ou même entièrement anéanties dans une des moitiés symétri- ques du corps, ne se prêtent à aucune relation avec ce qui nous entoure ; où l’homme n’est d’un côté guère plus que ce qu’est le végétal, tandis que de l’autre côté, il conserve tous ses droits à l’ani- malité , par le sentiment et le mouve- ment qui lui restent. Certainement ces paralysies partielles , dans lesquelles la ligne médiane est le terme eu finit et I’q-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28746922_0004_0016.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)