Volume 27
Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef].
- Date:
- 1834-1846
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef]. Source: Wellcome Collection.
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![Tels étaient les symptômes de cette es- pèce de pleurésie ou péripneumonie (que j’appelle bilieuse), lorsqu’elle n’e- lait compliquée d’aucune autre maladie. ]1 ne se trouva cependant que très-peu de malades qui présentassent tous les symptômes dont je viens de faire l’énu- mération. On n’en observa chez la plu- part qu’un très-petit nombre d’entre eux qui servaient à faire reconnaître la maladie. Un signe constant chez tous fut, indépendamment de l’état de la poi- trine et de la respiration dont j’ai parlé, celui que fournissaient la langue et le goût qui était dépravé de différentes manières. Tous éprouvèrent des nausées et la perte de l’appétit ; mais tous n’a- vaient pas des rapports de bile , ou de toute autre manière. Tous se plaignaient d’une douleur à l’estomac ; la plupart la qualifiaient de gravative, et très-peu de simple pincement de cet organe. Quel- ques-uns même n’en éprouvaient aucune, si ce n’est que quand on les palpait. — Vers la fin de mars, et pendant presque tout le mois d’avril, plusieurs malades éprouvèrent encore d’autres symptômes, tels que des douleurs dans les extrémités, tant supérieures qu’inférieures, et entre les deux épaules. Quelques-uns eurent ces douleurs dans les muscles situés en- plication du catarrhe avec un embarras gastrique, d’avec ceux de la complication du même catarrhe avec une fièvre gastri- que ou bilieuse, ce qui est très-différent. L’émétique suffit dans le premier cas pour faire disparaître les symptômes bi- lieux ; au lieu que dans le deuxième cas la fièvre gastrique continue son cours en même temps que le catarrhe : cela est même souvent si marqué, que j’ai vu les exacerbations de la fièvre se reproduire avec beaucoup plus d’intensité de deux jours l’un, ou sous le type de tierce, et que la maladie ne s’est point terminée alors avant le quinzième jour ; au lieu que le catarrhe se termine souvent du neuvième au dixième jour, quand on fait cesser d’abord l’embarras gastrique qui le compliquait. On ne peut aussi que re- procher à Sloll d’avoir si peu insisté sur les périodes et la terminaison naturelle des maladies, comme pour donner plus de prix aux principes du traitement qu il adopte. Dans un siècle aussi éclairé que le nôtre, on doit dire la vérité tout en- tière, être le simple historien de la mar- che de la nature; et la médecine, par cette méthode, ne peut que gagner dans l’opinion publique. (Note de M. Pinel.) tre les articulations, sans que celles-ci en fussent affectées. Chez d’autres les articulations devinrent raides et doulou- reuses. Plusieurs en éprouvèrent dans les deux hypochondres, qui n’étaient ni gravatives ni avec tension, mais très-ai- guës, augmentant beaucoup dans l’inspi- ration , et ne pouvant supporter le tou- cher. Chez ces derniers, le rhumatisme se joignait à la pleurésie ou péripneumo- nie bilieuse. Dans le même temps, c’est- à-dire vers la fin de mars, quelques-uns, et en assez grand nombre, éprouvèrent, outre les symptômes exposés ci-dessus, une douleur décidément pongitive et très-aiguë, et une soif proportionnée à la maladie ; leur pouls était dur et plein, leurs crachats nuis ou mêlés de filets de sang. Ceux-là, outre la maladie bilieuse, avaient une véritable inflammation des poumons. Fort peu de mes malades arrivèrent à l’hôpital au commencement de la mala- die : pour la plupart, c’était au bout de quelques jours, pendant lesquels ils n’a- vaient fait le plus souvent aucun remè- de , ou n’en avaient fait que par hasard. Plusieurs s’étaient fait saigner une fois ou deux, ce qui ne les avait soula- gés que momentanément ; car bientôt tous les acidents s’exaspérèrent, et parti- culièrement ceux qui affectaient la poi- trine ; le pouls devint plus fréquent, pe- tit, abattu; l’anxiété fut considérable, la chaleur plus forte. Ceux qui avaient fait usage de purgatifs n’en retirèrent le plus souvent aucun avantage, ou que très- peu ; la plupart même s’en trouvèrent plus mal, et leur fièvre augmenta.— Telle était cette maladie, que je par- venais à guérir promptement et sûre- ment delà manière suivante. Lorsque je m’étais assuré par un examen attentif qu’elle n’était compliquée d’aucune in- flammation, ce qui eut lieu le plus ordi- nairement , je commençais le traitement par un vomitif, qui faisait rendre abon- damment une matière jaune et quelque- fois très-verte, et procurait aussi quel- ques selles à la plupart des malades. Cette matière bilieuse, expulsée par le vomis- sement , était en général très-amère ; mais quelquefois elle parut acide et aus- tère. Chez presque tous les malades, bientôt après l’effet du vomissement, l’oppression de poitrine diminuait con- sidérablement : elle disparaissait même entièrement chez quelques-uns; la respi- ration devenait plus libre, et les acci- dents propres à l’estomac étaient enle-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28746922_0027_0016.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)