Volume 15
Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef].
- Date:
- 1834-1846
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Credit: Encyclopédie des sciences médicales / par MM. Alibert, Barbier, Bayle [and others]. [M. Bayle, rédacteur en chef]. Source: Wellcome Collection.
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![tours , le quotient donne évidemment le pas de la vis. Voici maintenant de quelle manière on se sert de l’appareil : on le place sur un plan de verre bien dressé, la vis étant suffisamment élevée, les trois pieds seuls posent sur la glace et l’instrument n’éprouve aucun ballotte- ment; on enfonce la vis peu à peu, elle vient toucher le verre ; puis descend un peu plus bas que les pieds ; on en est averti parce qu’on observe alors dans l’appareil un petit ballottement qui tient à ce que les quatre pieds ne sont plus dans un même plan ; on détourne un peu la vis pour la faire remonter , l’in- strument cesse de remuer; et par un tâtonnement très-court on arrive à sai- sir le point où l’extrémité de la vis est dans le même plan que les trois pieds. On note le point de la division du cer- cle correspondant à la petite règle ver- ticale ; on fait remonter la vis, on place dessous la lame dont on veut mesurer l’épaisseur, on amène la vis à toucher la face supérieure de celte lame, la quantité dont le cercle a tourne fait connaître l’épaisseur de la lame.] De la porosité. 8. Lorsque nous avons fait entrer dans la notion de l’étendue la contiguïté des parties dont les corps sont les as- semblages, nous ne prétendions pas nous exprimer d’une manière rigoureuse. On sait que l’intérieur des corps est criblé d une infinité de vacuoles auxquels on a donné le nom de pores ; et il est même très*vraisemblable qu’il y a dans les corps beaucoup.plus de vide que de plein. La somme totale des parties matérielles d’un corps est ce qu’on appelle la masse de ce corps ; et la somme des parties maté- rielles renfermées sous un volume don- né, tel qu’un, mètre cube ou un centi- mètre cube, est ce qu’on appelle la den- sité du corps : d’où il résulte que la densité est le rapport de la masse au volume, ou , ce qui revient au même, elle est égale à la masse divisée par le volume. Par exemple , un morceau de Dois peut avoir plus de masse qu’un morceau d’or, si son volume l’emporte assez pour cela sur celui de l’or ; mais le bois a nécessairement moins de den- sité que l’or, parce qu’il renferme, sous un vo.ume donné, beaucoup moins de parties matérielles. 9. La faculté qu’ont tous les corps de se contracter en se refroidissant, ainsi que nous l’expliquerons dans la suite fait voir que leurs molécules laissaient entre elles de petits interstices qui leur ont permis de se rapprocher ; mais quand même on supposerait le refroidissement porté à l’extrême, il ne s’ensuit pas que les molécules dussent franchir entière- ment les petits espaces qui les séparent, parce qu’il peut y avoir dans leur forme’ dans leur arrangement et autres circon- stances une cause d’écartement qui tienne à la nature intime des corps. On voit par là que cette expression de con- tact immédiat , que nous employons souvent en parlant des molécules des corps, ne doit fias être prise à la lettre ; elle désigne seulement la plus petite dis- tance respective à laquelle les molécules puissent parvenir, eu égard aux circon- stances où elles se trouvent. Les phy- siciens prouvent la porosité des corps à l’aide de plusieurs expériences fort connues. On fait le vide, au moyen de la machine pneumatique, dans un tube de verre terminé à sa partie supérieure par un godet de bois'dont le fond a 7 ou 8 millimètres d’épaisseur, et dans le- quel on a versé de l’eau. Ce liquide passe à travers les pores du fond et tombe par gouttes dans l’intérieur du tube. On substitue à celui-ci un autre tube garni en haut d’un flacon de cris- tal, auquel un morceau de cuir de buffle sert de fond, et qui est rempli de mer- cure jusqu à la hauteur de deux doigts. Dès les premiers coups de piston ,°on aperçoit dans le tube le mereure qui tombe sous la forme d’une pluie argen- 10. On peut démontrer la même pro- priété au moyen d’une expérience sim- ple et intéressante faite sur une pierre dont Newton a parlé au sujet de cette même propriété, parce qu’elle donne lieu a un phénomène particulier de lumiè- re (1). Celte pierre est du genre de cel- les que l’on nomme agates, qui sont demi-transparentes et assez dures pour etinceler par le choc du briquet. On lui a donné le nom particulier d'hydro- phane. Lorsqu’on l’a plongée dans l’eau on voit s’élever de sa surface des files nombreuses de petites bulles d’air qui se succèdent sans interruption. Cet air qui occupait les pores de la pierre en est délogé par l’eau qui le remplace; en (1) Optice lucis, lib. II, pars tertia , propos, tertia. 1.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28746922_0015_0013.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)