Volume 3
Traite de pathologie generale / publie par Ch. Bouchard ; secretaire de la redaction G.-H. Roger.
- Date:
- 1895-
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Credit: Traite de pathologie generale / publie par Ch. Bouchard ; secretaire de la redaction G.-H. Roger. Source: Wellcome Collection.
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![« suite des remarquables rcclierdies do Maf^endio (|ui, ayant noun-i dCs animaux avec dos aliments exempts d'azote (sucre de canne, gomme, luiilo, beurre), observa que ces animaux périssaient au bout d'une trentaine de jours environ. A la suite de ce travail, Mayendic attira l'attention des physiologistes sur la présence de l'azote dans les aliments (riz, maïs, pommcs'cle terre, etc.), que le règne végétal fournit à riiommc et aux iuiimaux. Dans Tintervalle, les rechercbes de Payen, de Miildcr avaient démontré la présence universelle des matières albuminoïdcs dans les tissus des végétaux et des animaux, et l'extrême similitude de toutes ces substances. Miilder, après avoir établi sa théorie aujourd'hui délaissée de la protéine, radical counnun à tous les albuminoïdcs. conclut que les carnivores et les liorbivores se nourrissent des mêmes substances albumi- noïdcs, matériaux que ceux-ci trouvent dans les végétaux, ceux-là dans les tissus des animaux. A ces matières protéiques s'ajoutent les substances amylacées et les graisses, les premières prédominant dans les aliments végétaux, les autres dans les aliments d'origine animale. Ces idées prirent une forme délinitivc dans la doctrine de Liebig, tiiéorie féconde par le grand mouvement de recherches qu'elle provoqua de tous côtés, et au service de laquelle le brillant chimiste de Giessen mit ])cndant près de trente ans toute la variété et l'ingénieuse souplesse de son talent. Selon Liebig, les albuminoïdcs constituent seuls toute la charpente de la matière organisée. Les graisses et les hydrocarbonés sont simplement incorporés à cet agrégat organisé qu'ils imbibent comme une éponge, et auquel ils peuvent être soustraits sans qu'il en résulte aucune modification des formes. Par le fait de l'activité vitale, et spéciale- ment du travail musculaire, l'albumine de ce substratum morphologique so désorganise, en fournissant ainsi l'énergie nécessaire à la production du travail, et c'est cette perte en albumine organisée qui doit être cou- verte ])ar les albuminoïdcs de l'alimentation. Ces dernières représentaient donc pour Liebig l'aliment par excellence, plastique en même temps que dynaviogène, c'est-à-dire appoiiant à la fois la matière qui réparc et accroît les tissus, et Vénergie (|ui est dépensée par le fonctionnement et l'usure de ces tissus. Quant aux graisses et aux hydrocarbonés, leur rôle est plutôt secondaire. Ces substances sont brûlées par l'oxygène introduit dans le sang : elles représentent les aliments j^cs-^JM^a/o/res ou thermogènes. Cette théorie, qui constituait un progrès si considérable, a été de proclie en proche profondément modiliée. Nous savons aujourd'hui que le travail musculaire consomme d'abord et surtout des substances hydrocar- bonées, et secondairement seulement des gi-aisses et des albuminoïdcs. D autre part, c'est l'ensemble des réactions de désagrégation des maté- riaux organiques, et non (las cxchisivcmont la couduistion dos graisses et dos hydrocai-bonés, ([ui est à nos yeux l'origine (b; la chaleur animale. Mais le fait capital déjà établi par Magondio, ot si fortement iuqiosé pai- Liobig à l'attention des physiologistes, à savoir Timportance spéciale de l'aliment azoté, subsiste pleinement, bien cpravoc une signification difle-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21984438_2_0023.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)