Volume 6
Traite de pathologie generale / publie par Ch. Bouchard ; secretaire de la redaction G.-H. Roger.
- Date:
- 1895-
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Credit: Traite de pathologie generale / publie par Ch. Bouchard ; secretaire de la redaction G.-H. Roger. Source: Wellcome Collection.
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![c'est tout simplement parce qu'il constitue une boisson alcoolique ])eau- coup plus diluée. C'est une application de cette loi, dont je crois avoir établi le caractère général : l'action brusque, massive, à hautes doses, d'un agent irritant, lèse ou tue la cellule hépatique; le même agents donné pendant longicinps à petites doses, provoque la réaction scléreuse du tissu conjonctiC, des parois vasculaires vectrices et n'atteint la cellule glandulaire que plus tard et secondairement. Parmi les autres cirrhoses ex|)érimentales provoquées par la voie por- tale, je ne citerai que pour mémoire les ciri'hoses saturuines de Ad. Laf- litle; leur existence, en clinique humaine, malgré quelques faits dus à Potain, ne parait pas absolument prouvée. Une grande importance a été récemment attribuée, dans la pathogéuie d'une cirrhose spéciale, la cirrhose dyspeptique, à l'absorption portale d'acides gras provenant d'un processus digestif vicié. Hanot et son élève Boix(') ont donné de cette cirrhose une description clinique et histolo- gique, et la considèrent couime caractérisée par un foie modérément hypertrophié, d'une dureté ligneuse et présentant des lésions d'hépatite interstitielle diffuse généralisée, à tendance mono-cellulaire. Chez le lapin, d'après les expériences de Boix, les acides gras et, en particulier, les acides butyrique, lactique, valérianique, sont des poisons sclérogèncs ; l'acide acétique semble être à la fois stéatosant et sclérogène. Je ne voudrais pas contester l'existence clinique autonome de la cir- rhose dyspeptique, mais je dois dire que je n'en ai jamais rencontré un cas qui m'ait paru démonstratif. Le nombre est énorme des dyspeptiques anciens, stagnants même et fermentatil's, chez qui le foie parait indemne de cirrhose, ou l'est nettement à l'examen histologique, et d'autre part, au cours des états hépatiques répondant au type cliuique de Ilanot et Boix, le rôle pathogène primitif et exclusif des fermentations par dyspepsie m'a paru, au moins pour les cas que j'ai observés, faire défaut ou être douteux. Je crois donc que, tout en admettant ces faits comme d'ordre expéri- mental, on est encore en droit de les considérer en clinique comme très exceptionnels, et demandant, par cela même, un supplément de preuve. Nous aurons, du reste, à revenir sur l'iuqDortance pathogène de la voie portale, quand nous étudierons les rapports des affections hépatiques avec les infections et intoxications d'origine gastro-intestinale. C. La VEINE SPLÉNIQUE formc, en pathogénie hépatique, un segment spé- cial et jusqu'à un certain point indépendant de la veine porte. C'est ce que semblent démontrer bien des faits iVhépatite cVorigine splénique['), et en premier lieu ce que l'on a appelé la maladie de Banti ('). (*) IIaxot et Boix, D'iiiio forme de ciri'liose non ;dcoiilii|iio ilu l'oii! par autn-iulnxication d'ori- gine gastro-inteslinale. Congrès de Rome, mars 18'.)4. — Boix, Thèse de Paris, 189-i. (-) A. Chauffard. Des hépatites d'origine splénique. Scm. mcd., 24 mai 1899.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21984438_0_0022.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)