Volume 1
Traite de pathologie generale / publie par Ch. Bouchard ; secretaire de la redaction G.-H. Roger.
- Date:
- 1895-
Licence: Public Domain Mark
Credit: Traite de pathologie generale / publie par Ch. Bouchard ; secretaire de la redaction G.-H. Roger. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by the Royal College of Physicians of Edinburgh. The original may be consulted at the Royal College of Physicians of Edinburgh.
1008/1030 (page 990)
![tllIO Les nlléi'iUions viscérales les plus inlérossantes sont celles qui relèvenl dos tf()ul)les rouclionnels dus aux suhsUinccs toxiques, ou du |);iss;io,(. des |)oisous à Iravci's les orf^ancs chaf^és de l(!s ('diMMuer. Ou pourrait croirci ipie les losions dos organes sont d'autant |)lus loar- (pic'os (pie les troid)les y sont plus intenses; une pareille l'oruiulc! est loin d'être exacte. Le système nerveux, malgré la piofondc atteinte qu'il suliil. est moins souvent lésé qu'on poui-rait le croire; Vulpian ne trouva aucune altération dans la moelle d'une gi'enouille (pii, pendant plusieurs semaines, avait eu des convulsions stryehni(pies. Ce résultat négatif peut tenii' ;'i une résistance réelle des cellules nei'veuscs (pii, malgré de noudjreuses exci- tations, restent indemnes dans leur slruclm-e; mais il s'explique peut-être par l'insurfisancc de nos moyens d'investigation, qui ne permettent pu de recoimaitrc toutes les modifications qui ])euvent se pi'oduii'e. Quel que soit l'organe qu'on envisage, les lésions débutent toujours par les éléments les plus diiïércnciés. Cette loi, qui ne souIlVe pas d'exce|)tiou, a été mise en évidence par un grand nombre de recliercbes et a considéi-a- blement modifié nos idées sur le mode de production des cirrboses. Au niveau du rein et du foie, par exemple, les poisons agissent d'abord sui- les cellules épithéliales; toute néphrite ou toute hépatite toxique est pri- mitivement parenchymateusc. Le fait se comprend facilement ; si la lésion est vraiment le résultat du trouble fonctionnel, elle doit débuter ])ar l'élément anatomiquc dont le fonctionnement a été atteint. Les lésions des cellules peuvent se ramener à trois types principaux: phlogose, stéatose, nécrobiose. La phlogose est produite, par exemple, au niveau du rein, par l'élimination de la cantharidc; la stéatose est le résultat de l'action des poisons minéraux, notaunnent du phosphore, de l'arsenic et de l'antimoine, parfois des poisons organiques comme le chloroforme ; la nécrobiose peut être déterminée par un grand nombre de corps, parmi lesquels nous citerons l'acide chromique. Si remi)oisonnement est léger et accidentel, c'est-à-dire s'il ne se répète pas, la restauration pourra se taire d'une façon complète ou presque com- plète. Mais si les troubles sont profonds, ou si le malade est de nouveau soumis à l'action des substances toxiques, il se développera des lésions chroniques qui resteront purement parenchymateuses ou deviendront diffuses; dans ce dernier cas, le tissu conjonctif pourra être atteint d une façon prédominante ou presque exclusive. Ainsi les lésions primitivement épithéliales peuvent évoluer vers deux types différents, autrement dit un même poison peut produire des altérations parenchymateuses ou intersli- ti(dlcs; l'alcool, aussi bien que le phosphore, est capable de déterminer des dégénérescences granulo-graisseuses ou de la cirrhose. A quoi laid-il attribuer ces résultats si disparates, ces effets si différents d'une seule et même substance? La lésion [)r(jmièrc est identique dans tous les cas, parce qu'elle relève d'ime seule cause toxicpie; mais elle suscite une séi'ie de i-éactions secon- daires qui sont disseudilables parce qu'elles sont produites chez des orga-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21984438_1008.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)