Volume 6
Traite de pathologie generale / publie par Ch. Bouchard ; secretaire de la redaction G.-H. Roger.
- Date:
- 1895-
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Credit: Traite de pathologie generale / publie par Ch. Bouchard ; secretaire de la redaction G.-H. Roger. Source: Wellcome Collection.
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![Cette place iiiérilo chaque organe en pathologie générale est suhordonnée à une série de conditions d'ordre surtout physiologicjue, que Ton peut résumer en ces deux formules : pour un organe donné, nature et importance physiologique de sa spécialisation fonctionnelle : '— degré de ses connexions réciproques, anatomiques ou fonction- nelles, avec les autres organes ou tissus. Ces deux facteurs ne sont pas entre eux dans un rapport conslant; tel de nos organes semhlait diuq)ortance physiologique minime, ou de rapports à peu près nuls avec le reste de l'économie, dont la science moderne est venue montrer le rôle capital ; le corps thyroïde, les capsules surrénales, en ollVent des exemples classiques ; la nature de leur sécri'- tion interne, leur rôle antitoxique, compensent leur effacement appiuciil, leur isolement relatif au sein de l'organisme. Le foi'J réunit, au contraire, toutes les conditions voulues pour occu- per une des premières places dans la hiérarchie normale et pathologi(pie de nos organes. Son parenchyme est un des foyers où s'élahorent, sous la forme la plus intensive el lii plus couq;)lexe, les Jimiations de la matière, et nulle cellule glandulaire n'est plus hautement différenciée que la cellule hépatique. A côté des deux fonctions fondamentales, sécrétion liiliaire et glycogénie, comhien d'autres transformations hio- chimi(pies opère le protoplasma hépatique! Action uropoiéticpie, et foi'- mation de l'urée dans le foie, aux dépens de l'ammoniaque, des sels ammoniacaux, et prohahlement des acides amidés, tels que le glycocolle. la leucine, l'aspai'agini», et |)eut-étre [la tyrosine. Rôle vraisemhlal)le du foie dans la |)roduction de l'acide urique, sans que l'on puisse encore nettement en déterminer l'importance. Action sur les matières grasses, aussi hien par transformation des graisses ingérées, (pu^ par production directe intra-hépatique. Les matières aihuminoïdes sont également modi- fiées, et l'expérience classique de Cl. Bernard sur l'albumine de V(vnï, éliminée ou non ])ar les urines suivant qu'elle est injectée dans lii jugu- laire ou la veine [)orte du lapin, eu a donné la preuve, conlirmée de|Hiis par les résultats analogues obtenus par M. Bouchard avec la caséine. Enhn. le foie joue un rôle majeur au cours des intoxications, qu'elles soient d'origine extriiisèque, ou qu'elles proviennent des déchets de la vie cellulaire ou des fermentations intra-intestinales. Non seulement la sécrétion biliaire est une voie d'élimination pour certains poisons, mais en outre nombre de corps minéraux plus ou moins toxiques s'arrêtent et s'accumulent dans le foie, tels le fer, le cuivre, le plomb, l'arsenic, les bromures, les iodures. Les expériences de Schiff, de Héger, de II. Roger, ont établi ce fait capital que la [)lupart des alcaloïdes qui traversent le foie y sont arrétc'-s ou modifiés, de telle sorte qu'ils perdent environ la moitié de leur toxi- cité. Même neutralisation pour les peptones toxiques apportées par la veine porte, pour les ptomaïnes d'origine cellulaire, probablement aussi pour certains poisons microbiens.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21984438_0_0010.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)