La grande hystérie chez l'homme : phénomènes d'inhibition et de dynamogénie, changements de la personnalité, action des médicaments à distance / d'après les travaux de MM. Bourru et Burot, par A. Berjon.
- Berjon, Augustin.
- Date:
- 1886
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Credit: La grande hystérie chez l'homme : phénomènes d'inhibition et de dynamogénie, changements de la personnalité, action des médicaments à distance / d'après les travaux de MM. Bourru et Burot, par A. Berjon. Source: Wellcome Collection.
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![Seconde OBJECTION. — Les sujets apprenaient des expérimentateurs eux-mêmes L'effet [attendu, ceux-ci ne prenant pas la précaution de garder un silence qui, dans càs expériences, est indispensable. On fera l'honneur aux expérimentateurs de croire qu'ils connaissaient auparavant quelque chose de la suggestion, que, tous les premiers, ils se sont fait la même objection, et que, par conséquent, ils ont pris les pré- cautions requises. D'autre part, qui donc eût annoncé par avance que l'hydrogène don- nerait une excitation génésique, que la valériane agirait sur ces malades comme elle le fait sur les chats ? Qui aurait pu annoncer l'action de paquets préparés à son insu, de flacons dont il ignorait le contenu ? Troisième objection. — On objecte encore : Il suffit que mus ayez su les effets à produire pour influencer mentalement et malgré vous un sujet que vous dominez par les pratiques ordinaires de l'hypnotisme, et de la suggestion. Les hystériques, on le sait, sont des chiens savants, des automaies bien montés. Cette réflexion, qui est celle qui vient la première à l'esprit, ne peut être considérée comme une objection, dans l'ignorance où nous sommes du mode d'action des susbtances à l'extérieur. Si les médicaments agis- sent par suggestion, c'en est au moins une d'un ordi'e tout nouveau, car on produit des effets sans parole et même sans pensée, puisqu'il était impossible au premier expérimentateur de penser au tableau très complexe qui allait se dérouler. En admettant la possibilité de produire chez un sujet des suggestions mentales, eten état de veille, encore faut-il que l'idée qui doit passer dans le cerveau du sujet existe préalable- ment chez celui qui fait la suggestion. Toutefois, nous prions de remarquer que jamais on n'a réussi à faire une seule suggestion, les sujets étant en état] de veille. Ils y sont abso- lument réfi'actaires tant qu'ils ne sont pas en somnambulisme, et c'est dans l'état de veille que les médicaments ont toujours été présentés. D'autre part, et même en somnambulisme, jamais nous n'avons pu obtenir de nos sujets une action commandée, si le commandement n'était pas nettement exprimé parla parole ou le geste. Sans préjuger de la sug- gestion mentaleen général, nous affirmons, après maint essai, que jamais on n'a pu y parvenir sur les sujets que nous avons eu dans les mains.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22293504_0100.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)