Maître Jean Gispaden : chirurgien annécien et grenoblois de la fin du XVe siècle / [Ernest Wickersheimer].
- Wickersheimer, Ernest, 1880-1965.
- Date:
- 1926
Licence: In copyright
Credit: Maître Jean Gispaden : chirurgien annécien et grenoblois de la fin du XVe siècle / [Ernest Wickersheimer]. Source: Wellcome Collection.
3/28
![MAITRE JEAN GISPADEN, CHIRURGIEN ANNÉCIEN ET GRENOBLOIS DE LA FIN DU XVe SIÈCLE Ses dessins à la plume (anatomie, instruments de chirurgie), Ernest W1CKERSHEIMER Le manuscrit latin 7138 de la Bibliothèque nationale de Paris se compose, pour les deux tiers environ, de copies d’ouvrages ou de fragments d’ouvrages de chirurgie et de médecine médiévales, parmi lesquels on remarque la Chirurgia de Guillaume de Salicet, YIntroductorium in practica pro provectis de Bernard Albert et le De signis fehrium d’Antonio dalla Scarperia. Le tiers restant pré¬ sente un caractère beaucoup plus personnel; ce sont des notes prises par un praticien pour son propre usage et où l’on trouve, en même temps que le fruit de ses lectures ou de ses conversations, les résultats de son expérience clinique. Mais une question se pose tout d’abord. Le manuscrit est-il d’une seule main ou ses feuillets ont-ils été remplis à des époques successives et par des individus divers ? Assurément il date, dans toutes ses parties, des alentours de l’an 1500, et, si l’écriture n’offre pas un aspect invariable, point n’est besoin de supposer que plusieurs mains s’y soient appliquées. Un semblable recueil où des pages blanches avaient été réservées ça et là pour des additions ulté¬ rieures, ne se fait pas en quelques jours ni en quelques mois, et nul n’ignore combien l’écriture change avec le temps. D’autre part il est naturel que celle-ci soit plus régulière dans des copies que dans des notes où la personnalité de l’écrivain intervient davantage, où le travail intellectuel de la rédaction et l’acte de le matérialiser en noir sur blanc sont à peu près simultanés; c’est précisément ce que l’on observe dans le présent manuscrit où l’écriture, très appliquée dans les copies de traités, devient assez désordonnée dans quelques- unes des recettes. De la comparaison des tables avec le texte, de la nature et de la distribution des matières, de l’examen des noms propres cités, il semble bien résulter que le manuscrit latin 7138 est l’œuvre d’un seul et même personnage, sur lequel il m’est possible d’apporter ici quelques éclaircissements. «Johannes Gispa[den] », (le d final étant suivi d’un signe abréviatif), ne se nomme entièrement qu’une seule fois, au fol. 159 v°, dans une note ajoutée au chapitre relatif au flux de ventre de Y Introduction de Bernard Albert; en deux autres endroits (fol. 146 v°, 197), il indique seulement son nom de baptême. « Gispaden » n’est que la forme, à peine romanisée, du nom de Wiesbaden, de la ville allemande d’où il tirait son origine. L’Allemand se trahit encore par les mots de sa langue maternelle dont le manuscrit est](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30625567_0003.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)