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Credit: Traité d'hygiène publique et privée / par Michel Lévy. Source: Wellcome Collection.
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![exercices d’une éducation disproportionnée avec les forces de leur sexe, l’en- fant enlevé à l’Age de sept ans à la tutelle de ses parents, la fameuse sauce noire pour base de l’alimentation publique, la proscription des arts, l’absorp- tion de toutes les facultés physiques et morales dans un patriotisme fanatique et belliqueux, sont-ce là des créations de sagesse qui méritent d’étre opposées à l’œuvre de Moïse? et quelle empreinte ont-elles laissée à rimmanité? Un trait surtout nous frappe dans la société de ces temps comparée à l’institution mosaïque, c’est l’usage reçu chez les premiers peuples de la Grèce, les Thé- bains exceptés, et plus tard chez les Romains, d’abandonner la vie des enfants nouveau-nés à l’arbitrage des parents ou des anciens de la tribu. Cet usage n’a point choqué les plus nobles intelligences de l’antiquité. Platon va jusqu’à reprocher à Hérodicus d’avoir enseigné par son exemple la longévité aux con- stitutions valétudinaires, sous prétexte que le soin d’une santé débile éloigne l’homme de la vertu et le rend à charge à la patrie! {Républ., liv. III.) Il ignorait que des constitutions en apparence chétives recèlent une puissante vitalité, que des organisations qui naissent faibles se consolident par le bien- fait de l’éducation : si l’arrêt prononcé par le disciple de Socrate eût reçu son exécution, que de génies étouffés au berceau, que d’existences devenues glo- rieuses écrasées dans leur virtualité! Opposez les coutumes d’une société qui avait atteint l’apogée de sa civilisation aux ordonnances bibliques : l’avantage reste aux tribus encore barbares du désert de Siuaï, cl la circoncision .semble une aménité à côté de ce monstrueux arbitrage institué autour du berceau. Les gymnases et les bains sont assurément ce que l’hygiène publique des Grecs et des Romains nous présente de plus remarquable, et cette double institulion brille d’autant plus dans leur histoire qu’elle manque davantage à , la notre. Ils savaient apprécier les bienfaits d’une gymnastique rationnelle cl la multiple bénignité des bains. Quand Homère fait dire à Ulysse : « Les bains n’ont plus de charmes pour moi » {Odyssée, chant XIX), il nous fait comprendre l’im- portance qu’ils avaient dans la vie des anciens; il nous montre encore Hector ne prenant sa nourriture qu’au sortir du bain, et la princesse Nausicaa se bai- gnant dans les eaux d’un fleuve. Les principales villes de la Grèce possédaient de grands édifices destinés aux bains et ouverts à toutes les classes de la popu- lation. Les Spartiates, dans la crainte de s’amollir, en usaient avec plus de iiéserve, mais ils s’en dédommageaient par la fréquentation de l’étuve sèche, d’où le nom de Laconicum doimé par lett Romains à la portion de l’édifice employée à cette sorte d’étuve. Chez ces derniers, les bains publics reçurent un somptueux développement : les ruines des bains de Néron, d’Agrippine, de Dioclétien, de l'itus et de Trajan, témoignent de la magnificence avec laquelle ils étaient construits. Il n’en existait point pour le public avant le règne d’Auguste : Mécène en fit élever un dont l’accès était livré au peuple moyennant une obole (Perse, Satyr., IX) et à des heures fixées ]iar la loi, Anlonius Musa ayant réussi à guérir Auguste par les bains froids, la vogue s’en établit; on fit vanité de s’immerger dans l’eau la ])lus froide, et l’on vit](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21985303_0001_0026.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)